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Bétharram : un ancien gendarme évoque une 'intervention' de François Bayrou lors d'une enquête parlementaire

Le mardi 10 avril 2023, Alain Hontangs, ancien gendarme et enquêteur dans l’affaire Bétharram, a témoigné devant la commission d’enquête parlementaire. Son intervention a remis en lumière une allégation explosive: l’implication présumée de François Bayrou, actuel Président du MoDem et ancien ministre, dans le déroulement d’une procédure judiciaire en 1998 concernant des accusations de viol visant un religieux de l’institution. Ces déclarations soulèvent des questions importantes sur l’intégrité du système judiciaire et la manière dont des personnalités politiques peuvent influencer des enquêtes sensibles.

Les déclarations de l’ancien gendarme : des accusations graves

Alain Hontangs a relaté un épisode survenu le 26 mai 1998, alors qu’il était enquêteur à la section de recherches de Pau. Ce jour-là, il devait présenter le père Pierre Silviet-Carricart, ancien directeur de l’institution catholique à l’origine d’un vaste scandale d’agressions sexuelles. Un ancien élève, selon Hontangs, avait porté plainte pour viol contre le père Carricart, qui est désormais au cœur d’une enquête pour viols et atteintes sexuelles sur mineur.

Hontangs a affirmé qu’un magistrat lui avait informé d’une « intervention » de François Bayrou, alors ministre de l’Éducation nationale. Il a déclaré : « La présentation est retardée, le procureur général demande à voir le dossier, il y a eu une intervention de M. Bayrou ». Ces propos, tenus sous serment, ont été relayés par plusieurs médias, dont TF1.

Le Premier ministre, en réponse à ces allégations, a catégoriquement nié toute intervention de sa part dans cette affaire. Cette situation complexe soulève des doutes quant au respect de la séparation des pouvoirs et à l’intégrité de l’enquête.

Réactions et implications de l’affaire

Alain Hontangs n’est pas le seul à évoquer une intervention politique dans le cadre de cette affaire. Il a fait état d’un message reçu d’un ancien collègue, confirmant qu’il avait également entendu le juge Mirande faire référence à de telles interférences au cours de l’enquête. Ces témoignages mettent en lumière une possible culture de l’improvisation au sein du système judiciaire, où les décisions peuvent être influencées par des considérations politiques plutôt que par des éléments factuels.

Hontangs a également signalé avoir été surpris par cette intervention, jugeant qu’elle n’avait pas sa place dans le cadre d’une procédure judiciaire. Deux heures après l’annonce de cette influence, il a été informé que la présentation du prêtre pouvait avoir lieu et que le juge pouvait « prendre toutes les dispositions » qu’il estimait nécessaires. À l’issue de cette procédure, le père Carricart a été mis en examen et incarcéré, avant d’être relâché sous contrôle judiciaire quelques semaines plus tard.

La manière dont cette affaire a été gérée soulève des questions éthiques et juridiques cruciales. Alain Hontangs a présenté une lettre datée du 15 juin 1998, rédigée par le procureur général de Pau et adressée à Élisabeth Guigou, alors garde des Sceaux. Ce courrier faisait rapport de la décision de remise en liberté du prêtre, une décision qui, selon Hontangs, était en contradiction avec les réquisitions qu’il avait faites.

Les multiples déclarations et documents évoqués par Hontangs ajoutent une couche de complexité à cette affaire, la reliant non seulement à des comportements individuels au sein du système judiciaire, mais aussi à un réseau plus large d’interactions entre la justice et la politique.

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La rédaction de Commons

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