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Biarritz : La cour demande le renaming du quartier La Négresse, la mairie conteste en appel au Conseil d'État.

La cour administrative d’appel de Bordeaux a pris une décision marquante le 6 février 2023, ordonnant à la ville de Biarritz, située dans les Pyrénées-Atlantiques, de renommer son quartier connu sous le nom de La Négresse. Ce nom, qualifié de « sobriquet raciste et sexiste » par l’association Mémoires et Partages, a conduit à un débat public intense autour des questions de mémoire historique, de racisme et de l’appropriation des noms de lieux.

Une décision judiciaire contestée

La cour a déclaré que « quelles que soient l’origine supposée de cette appellation et sa dimension historique revendiquée par la commune de Biarritz, le terme ‘La Négresse’ évoque aujourd’hui, de façon dévalorisante, l’origine raciale d’une femme dont l’identité n’a d’ailleurs pas été formellement identifiée ». Ce jugement souligne l’importance de la dignité humaine dans le contexte sociétal contemporain. En qualifiant ce terme de « de nature à porter atteinte à la dignité de la personne humaine », la cour démontre une prise de conscience des implications raciales et historiques qui pèsent sur l’utilisation de tels termes.

Le lendemain de cette décision, Maïder Arosteguy, la maire Les Républicains de Biarritz, a exprimé son désaccord sur BFMTV, affirmant que de nombreux habitants étaient « extrêmement attachés » à cette appellation historique, qu’elle considère comme dénuée de toute connotation raciste. Cette réaction met en lumière le fossé entre la perception historique et culturelle de ce nom par certains résidents et les préoccupations légitimes d’autres groupes, comme l’association Mémoires et Partages.

Historique du nom et implications sociales

L’origine du nom de ce quartier, qui est sujet à débat, n’est pas clairement définie. Les partisans de son maintien avancent que le terme a des racines historiques liées à la mémoire de la ville, tandis que ses détracteurs soulignent une connotation dégradante et un héritage colonial. Ce débat est révélateur d’un contexte plus large sur la manière dont les sociétés contemporaines abordent l’héritage colonial, le racisme systémique et les injustices passées.

La situation se complique davantage par le fait que cette décision de la cour administrative d’appel de Bordeaux est en contradiction avec celle rendue par le tribunal administratif de Pau en décembre 2023. Ce dernier avait statué que le quartier pouvait conserver son nom, soulignant qu’il avait été attribué « dans une perspective mémorielle » et non « dans le but de présenter de manière dégradante, humiliante ou avilissante une esclave ou descendante d’esclave à la peau noire ». Cette divergence illustre l’ambiguïté juridique et sociale qui entoure les noms de lieux chargés de connotations historiques.

L’association Mémoires et Partages, ayant initialement saisi la justice, a annoncé son intention de maintenir la pression et de poursuivre des actions visant à modifier le nom. Selon elle, la décision en faveur du maintien du nom par le tribunal de Pau « avait raté son rendez-vous avec l’histoire ».

La complexité de ce cas soulève des questions plus larges sur la reconnaissance des injustices passées et la façon dont celles-ci doivent être perçues dans le contexte actuel. Les décisions judiciaires jouent un rôle clé dans ces discussions, en déterminant non seulement la légalité de tels noms, mais aussi la sensibilité sociétale à cette question.

Les réactions autour de cette affaire illustrent les tensions entre différentes conceptions du passé. Si certains affirment qu’il est crucial de préserver la mémoire historique, d’autres soutiennent que cela ne doit pas

La rédaction de Commons

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