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Bolivie : Arrestation d'Evo Morales ordonnée pour "traite" de mineure, l'ancien président dénonce une justice biaisée.

Un juge de la ville de La Paz a émis un mandat d’arrêt contre l’ancien président bolivien Evo Morales le vendredi 17 janvier 2023. Cette décision a été prise après que Morales ne se soit pas présenté à sa deuxième audience judiciaire. Le magistrat Nelson Rocabado a déclaré lors de l’audience, diffusée en direct sur Bolivia TV, que le mandat était une nécessité en raison d’une demande du parquet visant à le placer en détention préventive pour une durée de six mois.

Les accusations contre Evo Morales

Les accusations formulées à l’encontre d’Evo Morales sont graves. Il est accusé de « traite » d’une mineure, un chef d’accusation qui découle d’une relation présumée qu’il aurait eue avec une jeune fille en 2015. Le parquet soutient que cette relation, qui aurait abouti à la naissance d’une fille un an plus tard, aurait été initiée avec l’accord des parents de la mineure. Selon les procureurs, des avantages auraient été échangés dans ce cadre.

Réagissant à ces accusations, Evo Morales a conteste la légitimité du système judiciaire bolivien, le qualifiant de « partial » et affirmant qu’il est sous le contrôle du gouvernement actuel dirigé par Luis Arce, son ancien allié politique. Morales a exprimé ses préoccupations via un message sur la plateforme X, indiquant que ses accusateurs ne recherchaient pas la justice, mais plutôt son élimination politique.

Contexte politique et implications de l’affaire

La situation autour de Morales s’inscrit dans un contexte plus vaste de tensions politiques en Bolivie. Depuis son départ du pouvoir en 2019, suite à des accusations de fraude électorale, l’ancien président est devenu un symbole de la division politique dans le pays. Après un an d’exil en Argentine, Morales est revenu en Bolivie à la fin de 2020, à la suite de l’élection remportée par son parti, le MAS (Mouvement vers le socialisme), qui a poli une image de pays qui se remettait des crises politiques.

La « guerre juridique » que revendique l’ancien président souligne une dégradation des relations entre le gouvernement et les partisans de Morales. Selon plusieurs analystes, les accusations portées contre lui peuvent être interprétées comme une manœuvre politique pour le marginaliser davantage, alors qu’il envisage un retour au premier plan politique en vue des prochaines élections présidentielles. En novembre 2022, la Cour constitutionnelle bolivienne a déjà confirmé l’interdiction pour un président d’exercer plus de deux mandats consécutifs. Morales admet avoir l’intention de concourir à nouveau, malgré cette décision.

Cette affaire soulève également des questions sur l’indépendance de la justice en Bolivie. Plusieurs experts en droit et en sciences politiques ont exprimé des inquiétudes concernant un éventuel politisation des affaires judiciaires, surtout dans un pays où les coups d’État et les bouleversements politiques ont forgé le débat public. Des organisations de défense des droits humains, telles que Human Rights Watch et Amnesty International, se sont également inquiétées de l’utilisation abusive des mécanismes judiciaires à des fins politiques.

La crédibilité des allégations repose largement sur des témoignages et des éléments collectés par le parquet, mais il reste à voir si la justice bolivienne saura naviguer entre impartialité et influence politique. Les affaires judiciaires impliquant des figures publiques, en particulier celles de l’ampleur d’Evo Morales, sont souvent entachées de soupçons d’inauthenticité de la part des tribunaux.

Evo Morales a également appelé à une mobilisation populaire pour défendre ses droits selon ses dires, laissant entendre qu’il envisageait une

La rédaction de Commons

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