centrale électrique de Saint-Avold démolie en prévision de la transition énergétique
Une étape importante vient d’être franchie à Saint-Avold (Moselle), avec la destruction de la tour Emile Huchet, la plus haute tour de la centrale à charbon de la région. Cette démolition marque le début de la conversion du site vers une production d’énergie propre. Les travaux ont été réalisés dimanche 11 février, sous les yeux de centaines de spectateurs.
La tour aéroréfrigérante numéro 5 de la centrale, qui mesurait environ 120 mètres de haut et pesait 10 000 tonnes de béton, s’est effondrée en quelques secondes grâce à des explosifs. Près de 200 personnes, y compris des artificiers et des forces de l’ordre, ont participé à cette opération de « foudroyage », selon Jean-Michel Mazalèrat, président de GazelEnergie, la société exploitant la centrale.
La conversion du site de Saint-Avold est une réponse à l’engagement pris par la France et d’autres pays lors de la COP26 à Glasgow en 2021, de abandonner progressivement l’utilisation du charbon, une source d’énergie fossile très polluante. Cette décision fait suite à la nécessité de réduire les émissions de gaz à effet de serre pour lutter contre le changement climatique.
La France avait relancé brièvement la production de charbon en 2022, en réponse à l’arrêt de l’approvisionnement en gaz russe et à la baisse de la production nucléaire due à des opérations de maintenance. Cependant, cela n’a pas empêché le pays de s’engager à la transition vers des sources d’énergie renouvelables et à la fermeture progressive des centrales à charbon.
La centrale Emile Huchet et celle de Cordemais, en Loire-Atlantique, sont actuellement les deux seules centrales à charbon en activité en France. Cependant, elles se préparent toutes deux à être converties pour utiliser la biomasse comme source d’énergie. À terme, la centrale de Saint-Avold accueillera le projet « Emil’hy » qui vise à produire de l’hydrogène bas carbone et renouvelable par électrolyse de l’eau.
Ce projet représente un investissement de 780 millions d’euros et prévoit une capacité totale de 400 MW d’ici 2030, avec une production annuelle de 56 000 tonnes d’hydrogène. Dans un premier temps, la centrale devra fournir en priorité l’aciériste allemand Saarstahl Hoolding Saar (SHS), qui se trouve à proximité.
Les études d’ingénierie pour le projet « Emil’hy » sont actuellement en cours de finalisation, et la consultation publique débutera à la fin du mois de février. Une fois achevée, la conversion de la centrale de Saint-Avold vers une production d’hydrogène renouvelable marquera une étape importante dans la transition énergétique de la région et contribuera à la lutte contre le changement climatique.