Cessez-le-feu Hamas-Israël : les enjeux humanitaires à Gaza.
L’urgence humanitaire à Gaza : un appel à l’aide massif s’intensifie
Jean-François Corty, président de Médecins du monde, a rappelé sur Franceinfo que « l’aide humanitaire doit inonder le plus rapidement possible le territoire » de Gaza, région ravagée par un conflit prolongé. Depuis le cessez-le-feu entré en vigueur le 19 janvier, les premiers camions d’aide ont pu entrer dans la zone, marquant le début d’un processus salvateur pour la population.
Cet accord, qui a également prévu la libération d’otages israéliens en échange de détenus palestiniens, représente un espoir divisé pour les 2,4 millions d’habitants du territoire. En quinze mois de conflit, le paysage gazaoui a subi des dommages inimaginables, avec des pertes humaines dépassant les 46 000, principalement des civils, selon le ministère de la Santé contrôlé par le Hamas, des chiffres qui sont généralement corroborés par l’ONU.
L’entrée des premiers camions, signalée par Jonathan Whittall de l’agence des urgences humanitaires de l’ONU (Ocha), a été rapide. Cette réaction immédiate au cessez-le-feu montre l’efficacité des préparatifs des agences humanitaires. Les autorités égyptiennes ont annoncé que jusqu’à 600 camions d’aide pourraient entrer chaque jour, une augmentation significative par rapport aux seulement 65 camions par jour enregistrés en novembre.
Les besoins croissants d’une population en détresse
La situation à Gaza est désespérée. Les Nations unies mettent en garde depuis des mois contre une possible famine. Des témoignages poignants, comme celui de Jamil Fayyad, font état de l’angoisse quotidienne de la population : « Pour avoir un sac de pain, ça peut prendre une journée entière ». Cette pénurie de pain résulte de la destruction de minoteries, d’entrepôts de céréales et de boulangeries, laissées en ruines par le conflit.
Les organisations humanitaires se mobilisent. Unicef a alerté sur une capacité d’approvisionnement en eau réduite à seulement un quart des niveaux normaux. Le Programme alimentaire mondial (PAM) a du stock pour couvrir les besoins d’un million de personnes, et bien que cela puisse sembler encourageant, cela n’est pas suffisant pour l’ensemble de la population de Gaza.
Jean-Raphaël Poitou, représentant d’Action contre la faim, insiste sur l’urgence de l’aide : « Nous allons pouvoir augmenter de manière massive l’approvisionnement alimentaire alors que l’on est presque au niveau de famine, particulièrement dans le Nord de la région. » Action contre la faim prévoit d’intensifier ses efforts en matière de distribution de produits essentiels, comme l’huile, le sucre et la farine.
Le système de santé de Gaza, quant à lui, souffre d’une détérioration catastrophique. Le nombre d’hôpitaux opérationnels est très limité, et certains, comme l’hôpital Al-Awda, subissent régulièrement des attaques. Selon l’OMS, la reconstruction du système de santé nécessitera au moins 10 milliards de dollars, alors que 12 000 patients en état critique nécessitent une évacuation immédiate vers les soins appropriés, tant vers Israël que vers d’autres pays voisins.
Alors que les pays, comme les Émirats arabes unis, envoient déjà des fournitures médicales, il est crucial d’accélérer le transport de matériel médical et d’augmenter le personnel sur le terrain pour répondre aux besoins croissants.
Les témoignages recueillis par des ONG confirment l’ampleur de la crise. Gavin Kelleher, du Conseil norvégien pour les réfugiés, déplorait, « des