Élection présidentielle en Iran : Candidats, Enjeux et Risque d'Abstention
Présidentielle en Iran : enjeux et candidats en lice
Un peu plus d’un mois après le décès d’Ebrahim Raïssi, président iranien, dans un accident d’hélicoptère en mai dernier, l’Iran se prépare à une élection présidentielle cruciale le 28 juin. Avec la volonté du camp conservateur de voir un candidat loyal à l’ayatollah Ali Khamenei être élu, cette élection revêt une importance majeure, notamment dans un contexte régional tendu marqué par le conflit à Gaza et les préoccupations concernant le programme nucléaire iranien. Cette situation est suivie de près sur la scène internationale, alors que la population iranienne semble montrer peu d’enthousiasme pour se rendre aux urnes.
D’abord prévu pour le printemps 2025, le scrutin a été avancé en urgence suite au décès du président Raïssi. La Constitution iranienne impose l’organisation de nouvelles élections présidentielles dans les 50 jours suivant le décès du chef de l’État. Cela a conduit à la participation de six candidats, majoritairement conservateurs, après une sélection opérée par le Conseil des gardiens de la Constitution parmi les 80 postulants initiaux.
Parmi les candidats en lice, on trouve des figures comme Mohammad Bagher Ghalibaf, Saïd Jalili, Mostafa Pourmohammadi et Masoud Pezeshkian. Si le favori du Conseil, l’ancien président Mahmoud Ahmadinejad, a été disqualifié, d’autres personnalités comme Ali Larijani ont également été écartées de la course. Quatre femmes ayant déposé leur candidature n’ont pas non plus été retenues, sans que les raisons de ces rejets soient publiquement motivées.
Les orientations politiques des candidats et les enjeux de l’élection
Dans un contexte de tensions croissantes avec les pays occidentaux, chaque candidat exprime des positions divergentes sur la scène internationale. Si Saïd Jalili plaide pour une politique anti-occidentale renforcée, Mohammad Bagher Ghalibaf prône des négociations avec les pays occidentaux seulement si cela est économiquement avantageux pour l’Iran.
D’un autre côté, le candidat réformateur Masoud Pezeshkian milite pour des relations constructives avec les États-Unis et l’Europe afin de sortir l’Iran de son isolement économique actuel. Cette question est d’autant plus importante que le pays fait face à des défis économiques majeurs, avec une inflation élevée, un chômage important et une dépréciation de la monnaie nationale.
Outre les questions économiques, la question du port obligatoire du voile pour les femmes est également au cœur des débats. Bien que la plupart des candidats se déclarent opposés à l’usage de la violence contre les femmes ne portant pas le voile, le sujet reste sensible dans une société iranienne en pleine évolution.
Malgré ces enjeux, l’abstention pourrait être élevée lors de cette élection, les électeurs iraniens semblant de plus en plus désillusionnés par un processus politique où les candidats, même réformateurs, restent étroitement liés à l’idéologie du guide suprême. Avec la succession évent