Envoi de troupes européennes en Ukraine : les enjeux d'une proposition d'Emmanuel Macron
L’idée d’une force européenne en Ukraine prend forme
Alors que la guerre en Ukraine entre dans sa quatrième année, une idée novatrice commence à émerger au sein des gouvernements européens : l’envoi de troupes pour créer une force de maintien de la paix. L’initiative, soutenue par plusieurs pays, a été soulignée par Emmanuel Macron lors d’une rencontre à Washington le 24 février. En cas de cessez-le-feu, des pays comme la France, le Royaume-Uni, la Suède et la Belgique semblent prêts à contribuer à cette mission, même si de nombreuses interrogations entourent encore sa mise en œuvre.
En février 2024, Emmanuel Macron s’est fait le porte-voix de cette idée en évoquant l’envoi potentiel de soldats européens pour stabiliser l’Ukraine post-conflit. Ce message a trouvé un écho chez le Premier ministre britannique, Keir Starmer, qui a aussi exprimé la volonté de soutiens militaires pour garantir la sécurité du pays face à la menace russe. Lors d’une réunion d’urgence à Paris, bien que l’idée ait été discutée, il n’y a pas eu de consensus clair entre les États membres.
Les leaders européens se divisent quant à la viabilité de cette mission. Bien que la Suède et la Belgique ne ferment pas la porte à cette initiative, elles demandent des précisions sur le mandat. De leur côté, l’Allemagne et l’Espagne jugent le débat prématuré, notant l’absence de négociations concrètes pour la paix. Pologne, Hongrie et Italie, quant à elles, sont réservées, indiquant qu’un déploiement de forces n’est pas à l’ordre du jour.
Conditions et doutes autour de la mission
Emmanuel Macron a, par ailleurs, posé certaines conditions au sujet du déploiement anticipé des troupes. Il a clairement indiqué que la mission se veut exclusivement axée sur la vérification du respect de la paix, relayant ainsi une première ébauche de calendrier. Il a affirmé que les discussions autour de l’envoi de soldats ne devraient avoir lieu qu’après des pourparlers de paix durables.
Un aspect déterminant de cette affaire est le soutien américain. Macron a souligné que « la solidarité et le soutien américains » seraient essentiels lors d’un éventuel déploiement de forces de paix. Cependant, les États-Unis ont déjà déclaré qu’ils n’enverraient pas de soldats en Ukraine, comme l’a précisé le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth. Les experts diplomatiques soulignent que le soutien américain pourrait plutôt prendre la forme de protection aérienne pour l’Ukraine.
Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a exprimé sa position sur le nombre de forces nécessaires pour garantir la sécurité du pays, citant un minimum de 200 000 soldats européens, avec d’autres estimations variant entre 50 000 et 100 000. Aucun chiffre précis n’est encore avancé par la France ou le Royaume-Uni sur leurs contributions respectives.
Les zones de déploiement restent également floues, car la Russie occupe actuellement environ 20% du territoire ukrainien, refusant de restituer ces régions conquises. La dernière résolution du Conseil de sécurité de l’ONU n’a même pas abordé ce point essentiel, ce qui complique davantage la situation.
Malgré ces incertitudes et réticences, de nombreux pays européens augmentent leurs budgets militaires, conjuguant ce tropisme avec l’idée d’un assouplissement des contraintes budgétaires au sein de l’Union européenne. Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a fait savoir que la clause de sauvegarde permettant à l’UE de dépenser davantage en cas d’urgence pourrait être activée.
Moscou,