Goma sous le contrôle du M23 : plus de 100 morts et près de 1 000 blessés en RDC.
Situation alarmante à Goma : le M23 prend le contrôle de la ville
Des combats acharnés ont transformé Goma, principale ville de l’est de la République démocratique du Congo (RDC), en un champ de désolation. Dans la soirée du 28 janvier 2024, les rues de cette cité, peuplée de plus d’un million d’habitants – sans compter les centaines de milliers de personnes déplacées – étaient jonchées de corps alors que le groupe armé M23, soutenu par des troupes rwandaises, a pris le contrôle de plusieurs zones stratégiques.
Il y a moins de 48 heures, l’aéroport de Goma était tombé aux mains de ces forces armées, comme l’indique une source de sécurité citée par l’Agence France-Presse (AFP). Le siège du gouvernorat provincial, symbole de l’autorité locale, est désormais occupé. Ce développement était prévisible, avait averti le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, annonçant que Goma « s’apprête à tomber ».
Conséquences humanitaires désastreuses
La violence a laissé des conséquences humanitaires catastrophiques. Au cours des trois derniers jours d’affrontements, plus de 100 personnes ont perdu la vie et près de 1 000 blessés ont été pris en charge dans les hôpitaux de Goma, selon un nouveau bilan des services de santé, rapporté par l’AFP. Bien que les échanges de tirs et les bombardements aient diminué en intensité mardi, la situation reste précaire.
Les effets des conflits s’étendent bien au-delà des pertes humaines. Les organisations humanitaires, comme l’ONU et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), alertent sur l’augmentation des cas de violences sexuelles, des pillages et des pénuries alimentaires. Les risques de dissémination de maladies telles que le virus Ebola, le choléra ou la rougeole sont également préoccupants dans un contexte où les infrastructures de santé sont déjà à genoux.
La guerre à Goma n’est pas un événement isolé. Elle s’inscrit dans un cycle de violence qui perdure depuis plus de trente ans dans l’est de la RDC, une région riche en ressources naturelles. Le M23, qui avait brièvement occupé la ville fin 2012 avant d’être défait l’année suivante, a effectué une résurgence inquiétante depuis fin 2021. Ce groupe armé a depuis fait des avancées significatives sur le territoire du Nord-Kivu, dont Goma est la capitale.
Goma fait face à des accusations sérieuses de la part de Kinshasa, qui accuse le Rwanda de vouloir piller ses ressources naturelles. Ce dernier, de son côté, nie ces allégations et dénonce la présence de groupes armés hostiles à son gouvernement qui opèrent depuis le sol congolais.
Face à cette escalade, des manifestations ont éclaté à Kinshasa, où des manifestants en colère ont attaqué plusieurs ambassades, notamment celles du Rwanda, du Kenya ainsi que des pays occidentaux tels que la France, la Belgique et les États-Unis. Les États-Unis ont réagi en appelant leurs citoyens à quitter la RDC, tandis que l’Union européenne a qualifié ces attaques d’« inacceptables ».
Pour atténuer la crise, le Kenya a pris l’initiative de convoquer une réunion entre le président congolais Félix Tshisekedi et son homologue rwandais Paul Kagame. Bien que cet effort diplomatique puisse sembler un pas vers la résolution du conflit, des scepticismes demeurent quant à l’avenir de la situation à Goma, étant donné la complexité de la dynamique régionale et les intérêts divergents des