Grève des futurs médecins généralistes : inquiétudes sur la réforme de la quatrième année d'internat
Des internes en médecine générale en grève face à une réforme controversée
Mercredi 29 janvier, les internes en médecine générale se mobilisent pour une grève appelée par l’Isnar-IMG, l’un des principaux syndicats représentant ces futurs professionnels de santé. Ce mouvement vise à dénoncer une réforme jugée « bâclée » et « inapplicable », portant sur l’introduction d’une quatrième année d’internat. Cette extension des études de médecine, actée par la récente loi de financement de la Sécurité sociale, a pour but de porter à dix ans la formation des futurs généralistes, tout en cherchant à mieux préparer les étudiants à la réalité du métier ainsi qu’à renforcer leur présence dans les zones sous-denses en médecins.
La mise en application de cette réforme est prévue pour novembre 2026, qui concernera environ 3 700 étudiants ayant commencé leur internat en 2023. Malgré cela, de nombreuses zones d’ombre persistent, suscitant inquiétude et frustration parmi les internes. À l’heure actuelle, seuls des éléments généraux de l’arrêté pris en août 2023 sont disponibles, alors que les textes réglementaires indispensables à l’application de cette réforme demeurent absents.
Ces incertitudes ont été publiquement critiquées par l’Isnar-IMG, qui a exprimé dans un communiqué commun avec d’autres syndicats de médecins libéraux son « désarroi face à cette absence d’organisation », qu’ils considèrent comme un manque de respect vis-à-vis des praticiens en formation.
Des stages en nombre insuffisant et des incertitudes sur les rémunérations
Un des principaux enjeux soulevés par les syndicats est le nombre limité de cabinets de médecine générale disposés à accueillir les internes de quatrième année. Des statistiques inquiétantes ont été avancées par Bastien Bailleul, président de l’Isnar-IMG : en Île-de-France, seulement 250 lieux de stage existent pour 600 internes ; à Lyon, il n’y a que 60 places pour environ 150 internes ; et à Dijon, 40 places pour 90 internes. Ces chiffres suscitent des préoccupations quant à la capacité réelle de cette réforme à atteindre ses objectifs pédagogiques, notamment la préparation des internes à l’exercice ambulatoire.
Les syndicats ont d’ailleurs exprimé leur crainte que, sans une organisation adéquate, les internes soient maladroitement redirigés vers des services hospitaliers, ce qui irait à l’encontre de l’objectif initial de la réforme.
Un autre point crucial concerne les conditions de rémunération des internes. L’Isnar-IMG réclame une « rémunération mixte », associant un salaire de base à une part variable liée à l’activité. Le communiqué du syndicat affirme que « cela semble indispensable » pour garantir une stabilité financière à ces futurs généralistes tout en valorisant leur travail auprès des patients.
Précisément, en 2023, l’ancien ministre de la Santé, François Braun, avait promis aux internes une rémunération de 32 000 euros brut par an, la possibilité de conserver 20 % des honoraires de leurs consultations et une indemnisation supplémentaire pour ceux qui choisiraient d’exercer dans des zones sous-dotées de médecins, rendant le potentiel total à « jusqu’à 4 500 euros net par mois ». Cependant, ces engagements ont rencontré des obstacles, avec un flou persistant autour de leur mise en œuvre.
Olivier Saint-Lary, président du Collège national des généralistes enseignants, a exprimé son inquiétude dans un entretien avec *Le Monde*, notant que les arbitrages nécessaires pour la réalisation de la réforme n’avaient pas encore été pris. Il reste optimiste quant à une possible mise en œuvre à condition que les textes officiels soient publiés d’ici