Le gouvernement français veut mettre fin à la "réduflation" : vers une meilleure transparence des prix dans les supermarchés
La guerre contre la « shrinkflation » (ou « réduflation ») prend de l’ampleur alors que le gouvernement français soumet à Bruxelles un projet d’arrêté visant à rendre obligatoire pour les supermarchés de fournir une information plus détaillée sur les situations où les quantités d’un produit sont réduites tout en maintenant le même prix, voire en l’augmentant. L’objectif est d’éviter les mauvaises surprises pour les consommateurs, même si cela ne permet pas de faire baisser les prix. Le ministère de l’Économie travaille sur un texte qui devrait être publié en mars, afin de répondre à la demande des consommateurs qui souhaitent être mieux informés en cas de « shrinkflation » sur certains produits. L’arrêté est soumis à Bruxelles pour vérifier sa conformité avec une directive européenne de 2015 sur la transparence des règles techniques.
Le gouvernement prévoit d’obliger les supermarchés à indiquer sur les emballages des produits ayant subi une réduction des portions la mention suivante : « pour ce produit, la quantité vendue est passée de X à Y et son prix au (préciser l’unité de mesure concernée) a augmenté de …% ou …EUR », selon le projet d’arrêté consulté par l’AFP. Cette mention devra être placée directement sur l’emballage ou sur une étiquette attachée ou placée à proximité du produit, de manière visible et lisible, précise le texte.
Le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, avait déjà exprimé son souhait en octobre de mettre en place une disposition obligeant « les industriels à faire figurer de manière très visible la réduction de contenu ». Il avait qualifié cette pratique, qui existe depuis longtemps mais qui se multiplie aujourd’hui, d’inacceptable. Toutefois, Dominique Schelcher, PDG du groupe Système U, a répondu sur France Inter que ce n’était pas au distributeur d’informer le consommateur des cas de « shrinkflation », mais bien à l’industriel lui-même. Selon lui, c’est l’industriel qui sait que son emballage a diminué, éventuellement remettant en question sa recette. Dominique Schelcher a ajouté que le fait de charger les supermarchés de faire ces signalements serait compliqué et constituerait une perte de temps, décrivant cela comme une « usine à gaz ». En septembre, le groupe Carrefour avait déjà signalé les produits concernés par la « shrinkflation », mais l’association 60 millions de consommateurs avait dénoncé cette initiative comme une opération de communication. Camille Dorloz, responsable de campagne chez Foodwatch, a également souligné que si ce sont les distributeurs qui décident de faire l’étiquetage, ils seraient susceptibles d’étiqueter les produits des marques plutôt que les leurs.
Il est important de noter que cet article a été rédigé en se basant sur les informations de l’AFP, une agence de presse réputée dans le domaine de l’information. L’AFP est considérée comme une source fiable et neutre, assurant une couverture objective de l’actualité. Cependant, il est toujours préférable de consulter plusieurs sources pour obtenir une vision plus complète et diversifiée du sujet.