Le gouvernement indien continue d'espionner les journalistes avec le logiciel Pegasus, selon une enquête conjointe entre Amnesty International et le Washington Post
Les journalistes en Inde font face à une menace croissante de surveillance illégale alors qu’ils font leur travail, selon Amnesty International. Dans une enquête conjointe avec le Washington Post, l’ONG a révélé que le gouvernement indien avait récemment utilisé le logiciel espion Pegasus pour cibler des journalistes. Des traces de ce logiciel ont été trouvées sur les iPhones de Siddharth Varadarajan et d’Anand Mangnale, journalistes respectivement pour TheWire.in et pour l’Organized Crime and Corruption Reporting Project.
En 2021, un consortium de médias internationaux avait exposé l’utilisation du logiciel Pegasus pour espionner les téléphones de nombreuses personnalités, telles que des politiciens, des journalistes, des défenseurs des droits humains et des chefs d’entreprise. Ce logiciel est commercialisé uniquement auprès des États ou des agences gouvernementales, avec l’approbation du gouvernement israélien.
Dans le passé, le gouvernement indien avait nié ces accusations concernant l’utilisation de Pegasus. Cependant, selon Amnesty International, Siddharth Varadarajan avait déjà été ciblé par ce logiciel en 2018 et a été de nouveau victime de surveillance en octobre 2023. L’organisation souligne que cette pratique d’espionnage s’ajoute à d’autres méthodes de répression, telles que l’emprisonnement en vertu de lois draconiennes, les campagnes de diffamation, le harcèlement et l’intimidation.
Pour l’instant, le gouvernement indien n’a pas réagi à la publication de cette enquête. Le mois dernier, des médias indiens avaient rapporté que les services de cybersécurité du pays enquêtaient sur des accusations d’écoutes téléphoniques émises par des membres de l’opposition, qui ont reçu un message d’alerte d’Apple concernant des « attaquants parrainés par l’État ». Le ministre indien de l’Électronique et des Technologies de l’information, Ashwini Vaishnaw, avait déclaré que le gouvernement était « préoccupé » par ces plaintes.
Il est important de souligner que le rapport est basé sur une enquête menée conjointement par Amnesty International et le Washington Post. Ces deux organisations sont généralement considérées comme des sources fiables d’information. Il convient également de noter que le gouvernement indien n’a pas encore réagi à cette enquête, et il est donc conseillé d’attendre toute déclaration officielle avant de tirer des conclusions définitives.