Le gouvernement veut rendre "shrinkflation" plus explicite pour les consommateurs
Les supermarchés devront informer les consommateurs sur la « shrinkflation »
Un pas important pour la transparence dans le domaine de la grande distribution a été franchi : à partir du 1er juillet, les supermarchés et hypermarchés en France devront apposer une affichette à proximité des produits dont la quantité a diminué sans que le prix n’ait suivi. Cette mesure, promise par la ministre déléguée au commerce, Olivia Grégoire, vise à lutter contre la pratique de la « shrinkflation » qui consiste à réduire les quantités des produits vendus plutôt que d’augmenter leurs prix. Cette annonce a été faite dans un communiqué le 19 avril dernier, avec la promesse que l’arrêté correspondant serait bientôt publié au Journal officiel.
Cette affichette devra contenir des informations précises telles que le changement de quantité du produit, le pourcentage ou le montant d’augmentation du prix au kilo, gramme ou litre. Le terme « shrinkflation », dérivé du verbe anglais « to shrink » (rétrécir), suscite la réprobation du ministre de l’Économie Bruno Le Maire qui le qualifie d’ « arnaque ». Dans un contexte où les tarifs de l’alimentation ont déjà augmenté de 12,8% en trois ans, cette mesure vise à apporter davantage de clarté aux consommateurs confrontés à ces pratiques.
Des réactions mitigées et des perspectives pour l’avenir
Mi-décembre, un expert du secteur de la distribution, Philippe Goetzmann, avait souligné à travers un avis publié avec la fondation Jean-Jaurès que les prix et les quantités des produits sont sujets à la liberté. Il avait également noté que les réductions de quantité étaient souvent accompagnées d’augmentations des recettes pour les fabricants. De son côté, l’ONG Foodwatch, qui a activement dénoncé la pratique de la « shrinkflation » en France, a salué l’arrêté du gouvernement comme un signal fort envoyé aux industriels.
Les supermarchés, en revanche, regrettent que la charge de cette information revienne à eux et non aux fabricants des produits. Michel-Edouard Leclerc, représentant du groupe E.Leclerc, a exprimé sur son compte Twitter que l’obligation d’affichage devrait incomber aux producteurs sur leurs emballages. Cependant, la ministre Olivia Grégoire envisage d’étendre cette obligation d’information au niveau européen, en proposant une révision des règles de l’information du consommateur sur les denrées alimentaires en Europe d’ici 2025.
En conclusion, cette nouvelle mesure vise à améliorer la transparence dans le secteur de la grande distribution et à protéger les consommateurs des pratiques de « shrinkflation ». Si elle a été saluée par les associations de défense des consommateurs, elle suscite des réactions mitigées parmi les acteurs du secteur qui devront s’adapter à cette nouvelle réglementation. Il reste à voir l’impact concret de cette mesure sur les pratiques commerciales des supermarchés et sur le pouvoir d’achat des consommateurs à l’avenir.