Le Panama rejette toute négociation avec les États-Unis sur le canal
Relations Panama-États-Unis : Une Position Éclaircie sur le Canal
Le président panaméen, José Raul Mulino, a récemment pris position sur la question délicate du canal de Panama, déclarant fermement qu’aucune négociation n’aurait lieu avec les États-Unis à ce sujet. Lors d’une conférence de presse tenue le 30 janvier, à quelques jours de la visite du secrétaire d’État américain Marco Rubio, Mulino a affirmé : « En ce qui concerne le canal, c’est impossible, je ne peux pas négocier, et encore moins ouvrir un processus de négociation sur le canal, c’est scellé, le canal appartient à Panama ».
Cette déclaration met en lumière le climat tendu qui entoure les relations entre le Panama et les États-Unis, un sujet particulièrement sensible dans le contexte des récents commentaires du président américain Donald Trump. Ce dernier a, en effet, décrié la gestion du canal, affirmant que celui-ci pourrait être repris par les États-Unis, en raison des inquiétudes liées à l’influence chinoise; une affirmation que Mulino a qualifiée de fausse.
La Contexte Géopolitique et Économique
Le canal de Panama, inauguré en 1914, a été un symbole de l’influence américaine dans la région, avant d’être transféré au Panama en 1999. Ce couloir maritime stratégique relie l’Atlantique et le Pacifique, et sa gestion est cruciale pour le commerce international. Les commentaires de Trump sur la possibilité de reprendre le contrôle du canal, qu’il a qualifié d’acquise à la Chine, soulignent une méfiance croissante vis-à-vis des investissements chinois dans la région.
Dans son discours d’investiture, Trump a déclaré : « Nous avons donné le canal de Panama à Panama, et nous allons le reprendre ». Mulino a tenté de tempérer les tensions en précisant que « les États-Unis sont la relation privilégiée du Panama, ce n’est pas la Chine ». Cette affirmation vise à rassurer à la fois le gouvernement américain et la population panaméenne sur l’engagement du pays à maintenir des relations diplomatiques stables.
L’implication de l’entreprise Hutchison Holdings, basée à Hong Kong, ne fait qu’ajouter une couche de complexité à cette situation. Depuis 1997, Hutchison exploite sous concession les ports de Balboa et Cristobal, les deux points d’entrée du canal. En 2021, sa filiale Panama Ports Company a vu sa concession prolongée de 25 ans. Toutefois, Mulino assure que cette entreprise n’a aucune influence sur la gestion du canal, qui est sous le contrôle de l’Autorité du Canal de Panama (ACP), une entité panaméenne autonome.
Le président panaméen a insisté sur le fait que « les ports ne sont pas sous le contrôle de gouvernements ou de forces militaires de quelque nation que ce soit » et n’interfèrent pas avec l’administration du canal. Ce propos vise à dissiper les craintes concernant un éventuel contrôle chinois, renforçant l’idée que le Panama reste maître de son infrastructure vitale.
La visite de Marco Rubio au Panama, qui s’inscrit dans un voyage plus large à travers l’Amérique centrale et les Caraïbes, soulignera les opportunités de collaboration bilatérale sur des enjeux tels que la crise migratoire, la lutte contre le narcotrafic, le crime organisé et le blanchiment d’argent. Ces sujets, jugés communs, pourraient aider à établir une relation plus constructive entre les deux nations, malgré les tensions catégoriques sur la question du canal.
Il est essentiel de noter que les sources de cette déclaration proviennent de discours officiels et de conférences de presse, ce qui confère une certaine crédibilité à l’exposition faite