Aller au contenu
Dernière publication
Archive
23 760 articles · 12 rubriques

Le média d'information nouvelle génération

Autre

Les bébés possèdent des souvenirs plus riches que prévu, révèle une étude récente.

L’amnésie infantile : Vers une meilleure compréhension des souvenirs d’enfance

L’amnésie infantile est un phénomène fascinant qui désigne la difficulté d’accéder aux souvenirs issus des premières années de la vie. Ce constat, partagé par de nombreux psychologues, est remis en question par une récente étude publiée le 20 mars 2023 dans la revue Science, mettant en lumière les capacités mnésiques des bébés. Bien que des recherches précédentes aient suggéré que les enfants étaient incapables de former des souvenirs durables, cette nouvelle investigation ouvre des perspectives intrigantes sur la mémoire et son développement.

Une étude novatrice sur la mémoire des bébés

Le professeur Nick Turk-Browne, de l’université de Yale et auteur principal de l’étude, affirme avoir longtemps été intrigué par cette « vidange » dans notre histoire personnelle, c’est-à-dire l’absence de souvenirs significatifs durant les premières années de vie. Aux yeux de figures emblématiques de la psychologie comme Sigmund Freud, ces souvenirs seraient soit réprimés à cause de mécanismes psychiques, soit inaccessibles en raison du développement cérébral incomplet des enfants.

L’hippocampe, une structure cérébrale essentielle à la formation de la mémoire épisodique, joue un rôle central dans ce débat. Selon l’étude, l’immaturité de l’hippocampe lors de l’enfance pourrait expliquer pourquoi les souvenirs de cette période sont souvent inaccessibles. En s’appuyant sur des travaux antérieurs observant les comportements des bébés, les chercheurs avaient remarqué que ceux-ci tendent à fixer plus longtemps les objets familiers. Cela suggère qu’ils conservent des souvenirs même sans pouvoir verbaliser leurs expériences.

Mais une limite persistait : la technologie d’imagerie cérébrale, notamment l’IRMf, ne pouvait pas être utilisée efficacement avec des nourrissons, qui ont tendance à bouger et à ne pas rester immobiles. Pour contourner ce problème, le laboratoire de Turk-Browne a mis au point des méthodologies innovantes, utilisant des tétines, des peluches et des stimuli visuels attractifs pour capter l’attention des jeunes enfants. En dépit des difficultés rencontrées, l’équipe a réussi à mener des centaines de séances expérimentales, se traduisant par une analyse du cerveau de 26 bébés âgés d’un mois à 13 mois.

Résultats révélateurs et futures recherches

Les résultats de l’étude sont révélateurs. Les chercheurs ont constaté une activation significative de l’hippocampe chez les bébés d’un an lors de l’encodage de souvenirs. Plus précisément, cette activité cérébrale a été observée chez 11 des 13 bébés de plus d’un an, alors que ceux de moins d’un an n’ont montré aucune activité significative. De plus, les bébés ayant une plus grande capacité mémorielle ont exhibé une activité accrue de l’hippocampe. En résumé, l’étude conclut que les capacités d’encodage des souvenirs épisodiques dans l’hippocampe commencent à se développer autour de 12 mois.

La question demeure concernant ce qu’il advient de ces souvenirs précoces. Les spécialistes avancent que les souvenirs ne sont peut-être jamais complètement intégrés dans la mémoire à long terme, ou qu’ils peuvent exister mais devenir inaccessibles au fil du temps. Nick Turk-Browne défend l’idée que ces souvenirs pourraient persister jusqu’à l’âge de trois ans, puis s’estomper progressivement, ce qui soulève de nouvelles interrogations sur la manière dont nous stockons et rappelons nos expériences.

Pour approfondir

La rédaction de Commons

Partager

Votre assistant

Le titre et le lien de l’article partent dans l’adresse du moteur, et sont copiés dans votre presse-papiers. Ouverture dans un nouvel onglet.

À lire aussi

Même rubrique, dates absolues