#MeToo au cinéma : Dominique Besnehard critiqué lors de son audition à l'Assemblée nationale.
Une audition controversée à l’Assemblée nationale
Lors de l’audition de Dominique Besnehard, ancien agent de stars et producteur, par la commission d’enquête parlementaire sur les violences sexuelles dans le secteur du cinéma, les échanges ont été particulièrement vifs. La députée écologiste Sandrine Rousseau a notamment interpellé avec force le créateur de la série « Dix pour cent ». Âgé de 71 ans, Besnehard a évoqué son appartenance à « l’ancien monde », tout en critiquant le comportement d’actrices ayant porté plainte contre des figures emblématiques de l’industrie comme Harvey Weinstein et Gérard Depardieu.
L’audition visait à faire la lumière sur les violences sexuelles persistantes dans le secteur du cinéma, une problématique de plus en plus mise en avant depuis le mouvement #MeToo. Au cœur des débats, les témoignages d’actrices ayant dénoncé des abus, parfois au prix de répercussions professionnelles et personnelles.
Concernant Gérard Depardieu, avec qui il a travaillé, Besnehard a évoqué les allégations portées contre l’acteur, mis en examen pour viol après la plainte de Charlotte Arnould. En répondant à une question sur le comportement de Depardieu, Besnehard a mis en doute la légitimité de l’accusation en remettant en cause le choix de l’actrice de se rendre à son domicile, déclarant que « généralement, les cours de théâtre, on les fait dans un cours de théâtre, on ne va pas à domicile chez un acteur ». Cette déclaration a suscité une onde de choc dans l’assemblée.
Un débat sur la responsabilité dans le milieu cinématographique
Les propos de Besnehard ont été perçus par certains comme une minimisation des préoccupations légitimes des victimes de violences sexuelles. En réaction, Sandrine Rousseau a dénoncé des discours « dénigrants » et a exprimé son indignation face à l’attitude de Besnehard. « Si c’est mon procès, je me taille ! Vous arrêtez de faire la morale à tout le monde, ça commence à bien faire ! » a-t-il rétorqué, ajoutant que les questions de moralité ne devraient pas être imposées aux témoins.
Rousseau a insisté sur la nécessité de respecter le droit et le corps des individus, affirmant que de nombreux talents avaient fui le cinéma à cause d’une « complaisance » présentée par des figures influentes comme Besnehard. Elle a appelé ce dernier à s’adapter à des temps nouveaux en matière de respect et de reconnaissance des violences dans le milieu artistique. Pour Rousseau, il ne s’agit pas de mener un discours moralisateur, mais bien de défendre des principes fondamentaux de justice et de dignité humaine.
L’audition de Besnehard, qui a duré plus d’une heure, a été l’une des nombreuses convocations de figures importantes de la culture et du cinéma par cette commission, qui s’efforce de comprendre l’ampleur des violences sexuelles dans ce secteur. La dynamique des discussions, marquées par des émotions fortes, reflète une société en pleine mutation, tentant de concilier tradition et modernité.
La réponse de Besnehard et de nombreux autres acteurs du milieu à ces questions délicates est souvent perçue comme révélatrice des mentalités persistantes. Ces dialogues sont cruciaux mais rappellent aussi à quel point le chemin vers une véritable justice sociale et une prise de conscience collective dans le secteur culturel est long.
La commission a pour but de construire une lettre de cadrage afin de lutter contre ces abus, mais elle doit également faire face à des résistances de la part de certains membres de l’industrie, qui considèrent que des éléments