Nutri-Score : Pourquoi le nouveau système suscite la controverse parmi les industriels de l'agroalimentaire ?
Le gouvernement français a récemment annoncé des modifications significatives concernant le calcul du Nutri-Score, un système d’étiquetage nutritionnel mis en place depuis 2017. Cette initiative vise à promouvoir une alimentation plus saine en classant les produits alimentaires de A à E, en fonction de leur contenu nutritionnel. À travers ces changements, le ministre de la Santé, Catherine Vautrin, a exprimé l’espoir que le nouveau Nutri-Score contribuera à la lutte contre diverses maladies, y compris le surpoids, les maladies cardiovasculaires, le diabète et certains types de cancers.
Un score révisé pour une santé améliorée
La mise en œuvre de cette nouvelle méthodologie dit corriger certaines lacunes de la version précédente du Nutri-Score, qui avait été critiquée pour avoir bien classé des produits très sucrés. Dans cette mise à jour, une attention particulière sera portée à la teneur en sel et en sucres des aliments, tout en favorisant les produits complets et riches en fibres. Par exemple, les poissons gras, des sources reconnues d’oméga-3, ainsi que les huiles de qualité (comme l’huile d’olive et l’huile de colza) passeront de C à B.
Selon Santé Publique France, il est prévu que « 30 à 40 % des produits » verront leur Nutri-Score évoluer au cours des deux prochaines années, période durant laquelle les industriels devront adapter leurs emballages en conséquence. Des produits emblématiques, tels que certains yaourts sucrés, pourraient voir leur note changer de B à D. En outre, la perception du lait a été réformée : le lait écrémé et demi-écrémé sera rétrogradé de A à B, tandis que le lait entier perdra son statut de B pour être rétrogradé à C. Ces ajustements sont motivés par des études indiquant une consommation excessive de lait par certains individus, en tant que substitut d’hydratation.
Le secteur des céréales n’est pas épargné non plus, avec un classement qui dévalorise beaucoup de produits traditionnellement populaires. Par exemple, les Chocapic, qui obtenaient jusqu’alors un A, verront leur note passer à C.
Réactions des acteurs de l’industrie et du gouvernement
La révision du Nutri-Score a provoqué des réactions contrastées au sein des secteurs industriels. Des entreprises comme Danone ont réagi en retirant le Nutri-Score de certains de leurs produits, comme les yaourts à boire Actimel, qui serait dévalués face aux nouveaux critères. Cette décision témoigne d’un mécontentement croissant dans l’industrie face à des normes jugées trop restrictives. En effet, les géants de l’agroalimentaire se sont engagés dans des campagnes de lobbying pour contrecarrer la mise en œuvre de l’affichage obligatoire du Nutri-Score au niveau européen.
Du côté du gouvernement, Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, a également exprimé des inquiétudes concernant l’impact de ces mesures sur des produits du terroir. Elle a plaidé que des produits artisanaux, souvent moins bien notés par les nouvelles règles, ne tiennent pas compte de la consommation réelle, où les portions sont généralement beaucoup plus petites que celles utilisées pour le calcul.
En réponse à ces critiques, les départements ministériels concernés ont lancé une étude pour évaluer les potentielles conséquences indésirables de ce nouveau système sur les produits issus des savoir-faire régionaux. Des initiatives de communication sont également prévues afin de sensibiliser le public aux bienfaits des produits laitiers et d’autres aliments souvent mal jugés par l’ancien système d’étiquetage.
La mise à jour du Nutri-Score est défendue par