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Rénovation : les Français veulent aussi retrouver le plaisir d’habiter

Rénovation des logements : entretien, finitions et critères environnementaux pèsent de plus en plus dans les choix des bailleurs et fabricants.

Isolation, changement des fenêtres, pompe à chaleur… Depuis plusieurs années, la rénovation des logements s’est largement confondue avec la rénovation énergétique. Mais derrière la course aux économies d’énergie et aux meilleures étiquettes DPE, un autre marché continue de peser lourd : celui de l’entretien, de la remise en état et de l’embellissement des logements.

Car une fois les travaux lourds terminés, reste encore à rendre le logement habitable et agréable à vivre. Peintures, revêtements, sols ou finitions constituent la partie la plus visible d’une rénovation pour ses occupants. Un enjeu qui concerne aussi bien les particuliers que les bailleurs sociaux et les grands gestionnaires de parcs immobiliers.

Le DPE ne fait pas toute la rénovation

Le mouvement est particulièrement visible dans le logement collectif. Lorsqu’un bailleur engage la réhabilitation d’un immeuble, l’amélioration énergétique n’est qu’une partie du chantier. Parties communes, logements libérés avant relocation, façades ou pièces dégradées nécessitent également des interventions régulières.

Ces travaux représentent un marché considérable et surtout récurrent. Contrairement aux grandes rénovations énergétiques, réalisées à intervalles longs, l’entretien accompagne toute la durée de vie d’un bâtiment.

Pour les industriels de la peinture, le parc existant constitue donc un terrain stratégique. Les grands acteurs du marché, de Tollens et Zolpan, marques du groupe Cromology, à Seigneurie, Sikkens ou Unikalo, développent leurs offres à destination des professionnels intervenant sur ces chantiers.

La question n’est d’ailleurs plus seulement esthétique. Résistance à l’usage, facilité d’entretien, temps d’immobilisation d’un logement, émissions dans l’air intérieur ou impact environnemental des produits font désormais partie des critères regardés par les professionnels.

Les bailleurs, prescripteurs incontournables

Le logement social illustre particulièrement cette évolution. Avec plusieurs millions de logements en France, les bailleurs doivent simultanément accélérer la rénovation énergétique de leur patrimoine et assurer son entretien courant.

Derrière les grands programmes de réhabilitation se cache ainsi une multitude de marchés moins visibles : remise en peinture des logements entre deux locataires, rénovation des parties communes, entretien des façades ou remplacement des revêtements.

Les volumes peuvent rapidement devenir importants. Les organismes disposant de plusieurs dizaines de milliers de logements raisonnent désormais à l’échelle de marchés pluriannuels, confiés à des entreprises spécialisées ou à des acteurs capables d’assurer plusieurs corps d’état.

Cette organisation modifie aussi le marché de la peinture. Le choix d’un produit n’est plus uniquement celui du peintre devant son chantier. Il se joue en amont, entre les prescriptions du donneur d’ordre, les exigences des cahiers des charges, les entreprises titulaires des marchés et les fabricants.

La peinture cherche aussi à réduire son empreinte

Autre transformation : la pression environnementale gagne désormais les produits de finition eux-mêmes.

Les fabricants travaillent sur la réduction de l’empreinte carbone des peintures, leur composition, leurs emballages ou encore l’incorporation de matières premières issues du recyclage. Le sujet devient d’autant plus important que les grands donneurs d’ordre intègrent progressivement des critères environnementaux dans leurs politiques d’achats.

Cromology, qui commercialise notamment les marques Tollens et Zolpan en France, travaille par exemple sur ces différents leviers, tandis que les autres grands industriels du secteur multiplient eux aussi les gammes et initiatives destinées à réduire l’impact environnemental de leurs produits.

Pour les fabricants, l’enjeu est double : proposer des peintures plus vertueuses sans dégrader les caractéristiques attendues par les professionnels – pouvoir couvrant, résistance, facilité d’application ou durabilité.

Le retour du « visible » dans la rénovation

Cette évolution remet finalement au premier plan une dimension longtemps éclipsée par le débat énergétique : celle de la qualité perçue du logement.

Une isolation performante ou un nouveau système de chauffage peuvent considérablement améliorer le confort, mais leur bénéfice reste parfois peu visible. Une pièce remise en état produit au contraire un effet immédiatement perceptible.

Les deux logiques ne s’opposent pas. Elles pourraient même davantage se compléter.

À mesure que les grands propriétaires immobiliers accélèrent la transformation de leur patrimoine, le défi sera donc de conjuguer performance énergétique, maîtrise des coûts, durabilité des matériaux et qualité d’usage.

Une manière de rappeler que la rénovation des millions de logements existants ne se joue pas seulement dans les murs. Elle se joue aussi sur les murs.

La rédaction de Commons

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