Un condamné à mort exécuté par inhalation d'azote aux États-Unis, une première mondiale dénoncée par l'ONU
L’Alabama exécute un condamné par inhalation d’azote
L’État américain d’Alabama a réalisé une première mondiale en exécutant un condamné par inhalation d’azote. Kenneth Eugene Smith, qui avait été condamné à la peine de mort en 1996 pour le meurtre d’une femme commandité par son mari, est décédé au pénitencier d’Atmore jeudi 25 janvier. L’exécution a débuté à 20h25, et le condamné est décédé 29 minutes plus tard.
Steve Marshall, le procureur général de l’Alabama, a déclaré que « justice a été rendue » et que l’Alabama avait accompli quelque chose d’historique. Selon un journaliste de la chaîne locale CBS qui a assisté à l’exécution, les derniers mots de Kenneth Eugene Smith ont été : « Ce soir, l’Alabama a fait faire un pas en arrière à l’humanité (…) Je m’en vais avec amour, paix et lumière (…) Merci de m’avoir soutenu. Je vous aime tous ».
Cependant, cette exécution par inhalation d’azote a été critiquée par le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’Homme. Le 16 janvier, le Haut-Commissariat s’était dit « alarmé » par l’utilisation de cette « méthode d’exécution inédite et non testée ». Selon une porte-parole du Haut-Commissariat, Ravina Shamdasani, cela « pourrait constituer de la torture ou d’autres traitements cruels ou dégradants au regard du droit international ».
En effet, le protocole d’exécution par hypoxie à l’azote de l’Alabama ne prévoit pas de sédation, contrairement à ce que recommande l’Association américaine vétérinaire (AVMA) pour les animaux euthanasiés de cette façon. Cette omission a été soulignée par la porte-parole du Haut-Commissariat.
L’Alabama est l’un des trois États américains autorisant l’exécution par inhalation d’azote. Cependant, c’est la première fois depuis plus de 40 ans qu’un mode d’exécution inédit est utilisé aux États-Unis, qui ont réalisé 24 exécutions par injection létale en 2023.
Kenneth Eugene Smith était âgé de 58 ans au moment de son exécution. Tous ses recours et demandes de sursis ont été rejetés, y compris par la Cour suprême, qui était sais