Festival de Cannes 2026 Asghar Farhadi dénonce les bombardements sur l'Iran et la répression des manifestations et présente Histoires parallèles en sélection pour la Palme d'or
Asghar Farhadi à Cannes condamne les bombardements en Iran et la répression des manifestations tout en présentant Histoires parallèles.
Le cinéaste iranien Asghar Farhadi est venu à Cannes présenter son nouveau film, Histoires parallèles, en sélection pour la Palme d’or. Lors de la conférence de presse qui a suivi la projection, vendredi 15 mai, il a pris la parole en farsi — sa déclaration a été traduite en français — pour dénoncer deux séries d’événements qu’il a qualifiés de « tragiques » : les morts civiles résultant des bombardements récents sur l’Iran et la répression meurtrière qui a frappé les manifestants en janvier.
Les mots d’un cinéaste face à deux tragédies
Oscarisé à deux reprises pour Une séparation (2011) et Le Client (2016), Farhadi a exprimé sa douleur avec force et clarté. « Je ne peux, sans aucune justification, accepter le fait que la vie soit ôtée à un être humain », a-t-il déclaré, fustigeant tant les frappes militaires qui ont touché des civils — enfants et personnes innocentes — que les exécutions et les massacres de manifestants. Le réalisateur a insisté sur le caractère inoubliable et profondément douloureux de ces deux événements.
Présentant son film, tourné en français et projeté la veille au soir, Farhadi a fait le choix d’aborder publiquement des sujets politiques brûlants. Son intervention intervient dans un contexte tendu : le texte indique que l’Iran est en guerre avec Israël et les États-Unis depuis le 28 février, puis qu’un cessez-le-feu fragile serait entré en vigueur le 8 avril. Le réalisateur a aussi rappelé les vastes manifestations anti-gouvernementales qui ont secoué l’Iran au mois de janvier.
Des bilans divergents et des précautions d’attribution
L’article rapporte des chiffres contradictoires sur le nombre de morts lors des manifestations de janvier : selon le gouvernement iranien, qui a imputé l’instabilité à une orchestration américaine, 3 000 personnes seraient décédées ; des organisations internationales de défense des droits de l’homme basées hors d’Iran estiment pour leur part un bilan beaucoup plus élevé, allant de 7 000 à 35 000 morts, la plupart tuées lors de la répression par les forces de sécurité. Ces écarts importants sont cités tels qu’énoncés dans le texte d’origine et montrent la profonde divergence entre les sources officielles nationales et les ONG internationales.
Le passage consacré aux bilans prend soin d’attribuer chaque chiffre à son auteur : il ne s’agit pas d’une affirmation unifiée, mais d’une juxtaposition de déclarations concurrentes — ce que le lecteur doit garder à l’esprit. Les chiffres cités par des entités gouvernementales et par des organisations de défense des droits de l’homme sont souvent difficiles à recouper de façon indépendante dans des contextes de conflit et de forte censure.
Le texte rappelle également que Farhadi vit et travaille en Iran, où le cinéma demeure soumis à une censure stricte. Il signale que plusieurs réalisateurs iraniens ont déjà été emprisonnés ou contraints à l’exil pour leurs prises de position ou leurs films, citant en exemple Jafar Panahi, qui a effectué un séjour en prison et dont un film a été distingué l’année précédente par la Palme d’or, ainsi que Mohammad Rasoulof, aujourd’hui exilé en Allemagne.
Ces références illustrent la précarité du travail cinématographique et journalistique en Iran, où la liberté d’expression rencontre des limites juridiques et politiques. Le cas de Farhadi, figure de proue du cinéma iranien contemporain, prend dès lors une dimension politique lorsqu’il commente des événements nationaux sensibles depuis une tribune internationale comme le Festival de Cannes.
Enfin, lors de son intervention, Farhadi a lié la dénonciation des frappes et des répressions à un principe humaniste : le refus de la violence exercée sur des civils et des manifestants. Sa position, exprimée à Cannes, rattache son engagement moral à sa notoriété internationale et ouvre un espace — médiatique et éthique — pour que la question des pertes humaines soit soulevée dans le débat public international.
Relevé · Fiabilité des sources citées
Chaque article de Commons se termine par cet examen. Il porte sur les sources citées dans le texte et vous permet de juger sur pièce.
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– Les chiffres avancés par le gouvernement iranien sont des déclarations officielles ; leur fiabilité dépend de la transparence des autorités et doit être considérée avec prudence, particulièrement en période de crise politique.
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– Les bilans fournis par des organisations de défense des droits de l’homme basées hors d’Iran reflètent des estimations souvent établies à partir de témoignages, d’examens médico-légaux et de recensements partiels ; ces sources sont généralement reconnues pour leur expertise, mais leurs chiffres peuvent varier selon les méthodologies employées et l’accès limité au terrain.
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– Les informations relatives à la censure et aux poursuites contre des cinéastes iraniens renvoient à un contexte largement documenté par des rapports et des enquêtes internationales ; elles constituent un élément de contexte crédible pour comprendre les contraintes pesant sur le cinéma en Iran.
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En l’absence d’enquête indépendante accessible au lecteur, il convient de conserver une approche critique : indiquer clairement l’origine des chiffres et privilégier les formulations qui renvoient aux déclarations des uns et des autres plutôt qu’à une affirmation définitive des faits.
L’évaluation porte sur les sources citées dans le texte, pas sur la véracité des faits rapportés. Là où les autres médias placent une bio d’auteur, Commons place sa méthode.