#SauvonsLaLecture : les professionnels du livre dénoncent la baisse de 25 % des aides et réclament un soutien public renforcé
Aides au livre en baisse : découvrez pourquoi une soixantaine d’organisations réclament un soutien public renforcé avec la campagne #SauvonsLaLecture.
Le monde du livre veut faire entendre son inquiétude à l’occasion du débat budgétaire. Une soixantaine d’organisations professionnelles ont lancé, mardi 27 octobre 2026, la campagne #SauvonsLaLecture, diffusée sur les réseaux sociaux et dans la presse. Elles réclament une politique publique plus ambitieuse et dénoncent une diminution du soutien financier de l’État, qu’elles qualifient d’historique. Leur mobilisation vise notamment les orientations du projet de loi de finances pour 2027.
Une mobilisation qui rassemble les métiers du livre
Parmi les signataires cités figurent le Syndicat de la librairie française, le Syndicat national de l’édition, la Société des gens de lettres, l’Association des bibliothécaires de France et l’Union des photographes professionnels. Cette diversité donne à l’appel une dimension interprofessionnelle : les organisations entendent défendre non seulement l’activité économique du secteur, mais aussi la place de la lecture dans la société.
La campagne s’appuie sur trois visuels portant un même message : « Les coupes budgétaires tronquent les imaginaires ». Dans leur communiqué commun, les signataires présentent la lecture comme un bien commun, un moyen d’émancipation et un enjeu de santé publique. Ils demandent que l’action de l’État corresponde aux enjeux sociaux, démocratiques et culturels qu’ils lui associent. Cette conception constitue le cœur de leur plaidoyer, relayé par plusieurs organisations participantes.
Une baisse de 25 % sur un périmètre précis
Le principal chiffre avancé concerne les dépenses d’intervention de l’État en faveur du livre et de la lecture, hors établissements publics. Selon les données présentées par le collectif et reprises par Livres Hebdo, elles sont passées de 23,2 millions d’euros en 2025 à 17,4 millions en 2026. La différence atteint 5,8 millions d’euros, soit une diminution de 25 %.
Cette précision de périmètre est essentielle : la baisse annoncée ne doit pas être présentée comme une réduction d’un quart de l’ensemble des dépenses publiques consacrées au livre. Les crédits évoqués concernent notamment les librairies, les maisons d’édition, les manifestations littéraires et les bibliothèques. Le collectif estime que leur diminution fragilise la chaîne du livre, depuis la création et la diffusion jusqu’à l’accès des lecteurs aux ouvrages.
Selon les organisations mobilisées, le projet de loi de finances pour 2027 maintient ces réductions. Il s’agit cependant d’un projet budgétaire, et non d’un budget définitivement adopté. Leur campagne entend donc peser sur les choix à venir. Elles affirment également que le livre serait le secteur culturel le moins coûteux pour l’État tout en étant le premier en chiffre d’affaires : cette comparaison doit rester attribuée au collectif, faute de précisions suffisantes sur son périmètre.
Des sources pertinentes, mais des affirmations à distinguer
Le communiqué des organisations constitue une source directe et pertinente pour connaître leurs revendications. Il ne représente toutefois pas une expertise indépendante de leurs propres intérêts. Ses formulations sur une destruction progressive de la filière expriment une alerte professionnelle ; elles ne suffisent pas, seules, à établir l’ampleur des conséquences économiques annoncées. Les relais du communiqué confirment la mobilisation, sans constituer nécessairement des vérifications distinctes de chaque argument.
L’article d’origine invoque aussi des statistiques attribuées au ministère de la Culture : les Français consacreraient 6,3 fois plus de temps aux écrans qu’aux livres, et les jeunes dix fois plus. Il ne précise cependant ni l’étude, ni sa date, ni les populations et usages comparés. Ces indications empêchent de vérifier précisément les deux ratios à partir de cette seule référence.
Une publication institutionnelle serait une source solide, sous réserve d’en examiner la méthode. Mais son attribution générale ne remplace pas une référence identifiable. Les recherches consultées n’ont pas permis de retrouver la publication exacte correspondant aux deux chiffres. Ils doivent donc rester présentés avec prudence, sans en déduire une relation démontrée entre les pratiques numériques et les réductions budgétaires. L’enjeu immédiat de #SauvonsLaLecture demeure la demande d’un soutien public renforcé, portée collectivement par les professionnels du livre.