Une exposition révolutionnaire au Met de New York met en lumière les créatrices de mode dans 'Women dressing women'
Le Metropolitan Museum de New York présente actuellement une exposition sur la mode entièrement dédiée aux créatrices féminines. Intitulée « Women dressing women » (Les femmes habillent les femmes), cette exposition cherche à dépasser les clichés et à mettre en lumière des figures féminines souvent méconnues. Le point central de cette exposition est une robe en mousseline de coton ornée de roses en soie et taffetas, créée par Ann Lowe (1898-1981), une pionnière parmi les créatrices afro-américaines. Malheureusement, son travail est passé largement inaperçu à l’époque, bien qu’elle ait été la créatrice de la robe de mariée de Jackie Kennedy en 1953.
L’exposition met également en avant la maison de couture française Premet, qui a lancé une robe appelée « La garçonne » créée par Mme Charlotte. Cette robe a connu un succès qui précède de trois ans celui de Gabrielle Chanel à la tête de sa propre maison de couture. Le Metropolitan Museum souhaite ainsi mettre en évidence l’important rôle joué par les femmes dans l’histoire de la mode et dissiper les stéréotypes selon lesquels elles seraient plus pratiques que les hommes ou créeraient en pensant uniquement à elles-mêmes, au détriment de leur créativité.
L’exposition met également en lumière des créatrices françaises telles que Madeleine Vionnet, Jeanne Lanvin et Gabrielle Chanel, qui se sont imposées dès le début du XXe siècle. En effet, l’entre-deux-guerres en France a été marqué par une présence croissante de femmes créatrices dans le domaine de la mode, dépassant même en nombre les hommes.
Pour présenter les tenues dessinées par des créatrices telles qu’Elsa Schiaparelli, Nina Ricci et Vivienne Westwood, le Costume Institute a puisé dans ses collections, qui comptent 33 000 pièces représentant sept siècles de vêtements. L’exposition, qui devait initialement avoir lieu en 2020 pour célébrer les 100 ans du suffrage féminin aux États-Unis, a été retardée en raison de la pandémie. Elle se termine sur une note politique, en examinant les « absences » ou « omissions » dans les collections de musées et les canons de la mode.
La question des grandes tailles est également abordée à travers une robe de la créatrice française Ester Manas. Cette robe met en avant la diversité des tailles et cherche à remettre en question les standards de beauté traditionnels.
Le Costume Institute prévoit de mettre en valeur son impressionnante collection lors de la prochaine exposition mode du musée au printemps 2024. Cette exposition mettra en avant les pièces les plus rares et fragiles du fonds, dans le but de les réveiller et de les faire découvrir au public.
Enfin, cette exposition est particulièrement attendue car elle coïncide avec le gala du Met, une célèbre soirée philanthropique où les stars se pressent en portant des tenues extravagantes. Le Metropolitan Museum espère ainsi attirer l’attention sur l’importance de la mode et de son histoire, tout en célébrant les créatrices féminines et en remettant en question les normes établies.