Cour suprême sud coréenne confirme que Baby Shark n'est pas un plagiat et met fin au litige en soulignant les limites de la protection des motifs courts
La Cour suprême coréenne rejette la plainte pour plagiat contre Baby Shark. Comprenez pourquoi les motifs courts sont difficiles à protéger.
La Cour suprême de Corée du Sud a confirmé, jeudi 14 août, qu’une célèbre comptine pour enfants connue sous le nom de Baby Shark n’était pas constitutive de plagiat, rejetant ainsi la demande d’indemnisation formulée par un compositeur américain. La décision met fin à une procédure qui avait fait grand bruit en raison du phénomène mondial entourant la vidéo Baby Shark Dance, devenue l’une des vidéos les plus visionnées au monde sur YouTube.
Contexte et déroulé de l’affaire
L’affaire remonte à une plainte déposée à Séoul par le musicien new‑yorkais Johnny Only, qui affirmait que la société sud‑coréenne SmartStudy (aujourd’hui The Pinkfong Company) avait repris, en 2018, des éléments de son titre Baby Shark Song paru en 2011. L’auteur évoquait en particulier une ligne de basse et un rythme supposément similaires et demandait une réparation financière pour atteinte au droit d’auteur.
Dans sa défense, SmartStudy a soutenu que sa version s’inscrivait dans la continuité d’une comptine traditionnelle nord‑américaine, laquelle relève du domaine public et ne peut donc faire l’objet d’un monopole par un auteur contemporain. La procédure a traversé plusieurs degrés de juridiction en Corée du Sud, jusqu’à la confirmation par la Cour suprême du rejet de la plainte initiale.
Parallèlement à la bataille judiciaire, Baby Shark Dance a connu un succès planétaire : ses paroles répétitives et sa chorégraphie pour enfants ont propulsé la vidéo à des chiffres de vues colossaux sur YouTube, en faisant l’une des vidéos les plus regardées de la plateforme. Les articles de presse la comparent régulièrement à d’autres succès massifs comme Despacito ou Wheels on the Bus, même si les totaux de vues évoluent en permanence et nécessitent une vérification directe sur la plateforme pour être confirmés.
Principes juridiques en jeu et portée de la décision
La question centrale d’un litige pour plagiat est moins la similarité superficielle entre deux morceaux que la protection juridique des éléments reprochés. Le droit d’auteur protège l’expression originale d’une idée, mais pas l’idée elle‑même, ni les motifs musicaux courts ou les tournures simples susceptibles d’appartenir au répertoire commun. Les tribunaux interrogent donc l’originalité de l’œuvre revendiquée et la matérialité de la copie : s’agit‑il d’une reprise d’éléments protégés ou d’une évolution d’une tradition musicale collective ?
La décision de la Cour suprême coréenne confirme que, dans ce dossier, les éléments invoqués par le plaignant n’ont pas emporté la qualification d’« œuvre protégée » au sens où l’entend le droit national. Bien que la Cour n’ait pas nécessairement tranché toutes les questions esthétiques qui passionnent le public, sa décision illustre la difficulté d’obtenir réparation lorsque les similarités portent sur des motifs courts, répétitifs et appartenant au registre des comptines pour enfants.
Relevé · Fiabilité des sources citées
Chaque article de Commons se termine par cet examen. Il porte sur les sources citées dans le texte et vous permet de juger sur pièce.
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La principale source d’information pour ce type d’affaire reste la décision judiciaire elle‑même : jugement de première instance, arrêts d’appel et décision de la Cour suprême constituent des documents primaires hautement fiables. Les déclarations des parties (plaignant et société défenderesse) sont utiles pour reconstituer les positions respectives, mais elles reflètent des intérêts contradictoires et doivent être mises en perspective.
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Les chiffres avancés par la presse sur le nombre de vues YouTube demandent une vérification directe : la plateforme publie en temps réel les totaux et ces chiffres peuvent changer fortement d’une année à l’autre. De même, la conversion monétaire citée dans l’article original (30 millions de wons ramenés à environ 18 500 euros) paraît approximative et dépend fortement du taux de change retenu au moment des faits ; il est recommandé de vérifier ce point auprès d’un convertisseur de devises au taux exact de la date de la plainte.
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Enfin, la qualification d’« adaptation d’une chanson traditionnelle » par SmartStudy est une allégation défensive pertinente, mais sa portée juridique doit être vérifiée dans le détail des motifs du jugement : les juges évaluent précisément l’antériorité, la diffusion et la fixité des éléments allégués comme traditionnels.
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Implications et conclusion
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Au‑delà de l’épisode judiciaire, le dossier Baby Shark souligne la tension entre la viralité culturelle et la protection juridique des créations musicales. Pour les auteurs, il rappelle l’importance de documenter l’originalité et l’antériorité de leurs œuvres. Pour les plateformes et les producteurs de contenus pour enfants, la décision clarifie que l’inspiration puisée dans le patrimoine collectif n’est pas automatiquement constitutive d’une violation du droit d’auteur.
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Pour toute reprise de cette affaire, il est conseillé de consulter les textes de décision publiés par les juridictions sud‑coréennes et de vérifier les chiffres (vues YouTube, montants monétaires) auprès des sources originales afin d’éviter des approximations chiffrées.
L’évaluation porte sur les sources citées dans le texte, pas sur la véracité des faits rapportés. Là où les autres médias placent une bio d’auteur, Commons place sa méthode.