Amazon met fin à la livraison gratuite des livres neufs dans ses casiers automatiques en France après le conflit autour de la loi Darcos
Amazon exclut ses casiers de la livraison gratuite livres neufs. Découvrez les nouvelles règles et le rôle de la loi Darcos.
Amazon retire ses casiers automatiques du dispositif de livraison gratuite
Amazon va mettre fin à la livraison gratuite des livres neufs dans ses casiers automatiques en France. Le géant du commerce en ligne a annoncé que la gratuité serait désormais réservée aux points de retrait disposant d’un comptoir ou d’un accueil en magasin. Cette évolution concerne les commandes de livres neufs et doit être déployée progressivement.
« Nous avons décidé, pour les livres neufs, de concentrer la livraison gratuite sur les points de retrait en comptoir et accueils de magasin – et d’exclure les casiers automatiques », a déclaré un porte-parole d’Amazon, cité par Le Figaro le 19 septembre 2026. L’entreprise a précisé que la mise en œuvre de cette décision était « en cours ».
Les clients pourront donc toujours bénéficier d’une livraison gratuite lorsqu’ils retirent leur commande à l’accueil d’un commerce qui vend des livres. En revanche, les colis déposés dans les casiers automatiques, notamment les Lockers installés dans des galeries commerciales ou à proximité de grandes surfaces, ne relèveront plus de cette exception.
Une interprétation contestée de la loi Darcos
Cette annonce met fin à plusieurs mois de désaccord sur l’application de la loi dite Darcos. Adoptée en décembre 2021, cette réforme vise notamment à rééquilibrer les conditions de concurrence entre les librairies physiques et les grandes plateformes de vente en ligne.
Depuis le 7 octobre 2023, les vendeurs doivent facturer au moins trois euros de frais de livraison pour l’expédition d’une commande de livres neufs inférieure à 35 euros. Le texte prévoit toutefois une exception lorsque le livre est retiré dans un commerce de vente au détail de livres. C’est précisément l’interprétation de cette exception qui a alimenté le conflit.
Amazon estimait que ses casiers pouvaient être assimilés à des points de retrait situés dans des commerces autorisés, ce qui lui permettait de proposer une livraison gratuite. Le Syndicat de la librairie française, ainsi que d’autres acteurs du secteur, soutenaient au contraire que des casiers automatiques ne constituaient pas un commerce de vente au détail de livres. Ils y voyaient un moyen de contourner l’esprit, voire les dispositions, de la réglementation.
En février 2025, le Médiateur du livre, saisi par le ministère de la Culture, avait déjà considéré que les retraits gratuits dans les casiers automatiques semblaient rompre l’équilibre recherché par le législateur. Dans un avis rendu au printemps de la même année, il avait également relevé le désaccord persistant entre Amazon et les représentants de la filière.
Un réseau de retrait maintenu, mais moins étendu
Amazon assure que les casiers ne représentent qu’une minorité de ses quelque 3 000 points de retrait éligibles, sans communiquer leur nombre exact. Le Médiateur du livre avait toutefois estimé en 2025 qu’ils constituaient environ un tiers, voire davantage, des milliers de points de retrait gratuits proposés par l’entreprise.
Le groupe affirme que la zone de couverture restera comparable et que les clients continueront de disposer d’un réseau important, notamment dans les communes rurales et les petites villes. Cette présentation ne permet toutefois pas de mesurer précisément l’effet de la décision pour les consommateurs, faute de données détaillées sur la répartition des casiers et des points de retrait avec accueil.
Pour Guillaume Husson, délégué général du Syndicat de la librairie française, cette évolution constitue une « mise en conformité » avec la loi et une « bonne nouvelle » pour les libraires. Le syndicat était à l’origine des contestations visant la pratique d’Amazon.
Des sources à distinguer selon leur rôle
Les informations principales reposent sur la déclaration d’un porte-parole d’Amazon rapportée par Le Figaro. Cette source est pertinente pour connaître la position et le calendrier annoncés par l’entreprise, mais elle reste une source directement intéressée. La confirmation de la mesure devra donc être observée dans les conditions concrètes de commande et de retrait.
Les prises de position du Syndicat de la librairie française sont utiles pour comprendre les enjeux professionnels et juridiques, mais elles défendent les intérêts des libraires. L’avis du Médiateur du livre présente une autorité institutionnelle plus indépendante sur le différend, même s’il ne remplace pas une décision de justice. Enfin, les données relatives au nombre de casiers et à leur poids dans le réseau doivent être considérées avec prudence lorsqu’elles sont communiquées par les parties au conflit.