Baisse du revenu horaire des livreurs en 2025 une majorité de plateformes voit ses rémunérations reculer face à l allongement des courses et à des indicateurs qui ne reflètent pas le revenu net réel
Analyse ARPE 2025 : le revenu horaire livreur baisse sur la plupart des plateformes, impacts sociaux et limites des indicateurs expliqués.
Des revenus horaires en recul pour la plupart des plateformes
En 2025, le revenu horaire brut des livreurs indépendants a diminué pour l’essentiel des plateformes de livraison de repas, selon le bilan annuel publié par l’Autorité des relations sociales des plateformes d’emploi (ARPE) le 24 avril. L’étude relève une tendance généralisée à la baisse depuis plusieurs années, liée principalement à un allongement des durées de course qui n’est que rarement compensé par une augmentation des tarifs unitaires versés aux livreurs.
Parmi les principaux chiffres publiés, Deliveroo enregistre une baisse de 2,4% de la rémunération horaire brute, qui s’établit à 25,7 euros. Stuart voit une diminution plus marquée de 5%, soit 22,7 euros de l’heure. Delicity conserve le niveau horaire brut le plus élevé du panel avec 35,4 euros, malgré une légère contraction de 0,7% sur l’année.
La seule plateforme du panel à afficher une amélioration en 2025 est Uber Eats, avec une augmentation de 4,7% de son revenu horaire brut en course, porté à 21,5 euros. L’ARPE précise que cette hausse est la première observée pour Uber Eats depuis le début du suivi en 2021. Le groupe attribue cette inflexion, notamment, à l’instauration en juin d’un revenu minimum par course, selon une déclaration rapportée par l’AFP.
Une mesure qui ne reflète pas le revenu net réel
L’ARPE met en garde contre l’interprétation de ce « revenu horaire brut en course ». Cette métrique, fournie par les plateformes elles-mêmes, correspond au rapport entre le revenu moyen par prestation et la durée de celle-ci, ramené à une heure. Elle exclut toutefois deux éléments cruciaux : le temps d’attente entre deux commandes et les charges ou cotisations sociales supportées par les travailleurs indépendants. En conséquence, ce « brut en course » surestime fortement le revenu net réellement perçu par les livreurs.
Sur l’ensemble de la période 2021–2025, la dégradation est importante : selon l’ARPE, le revenu horaire brut a reculé de 22,4% pour Uber Eats, de 21,5% pour Stuart et de 15,0% pour Deliveroo. Ces reculs se révèlent encore plus sévères une fois l’inflation prise en compte : l’autorité signale une baisse de 31,7% pour Uber Eats et de 25,2% pour Deliveroo depuis 2021.
L’ARPE explique que l’allongement continu de la durée des courses est au cœur de cette tendance. Les trajets plus longs — qui peuvent résulter de l’éloignement des zones de livraison, des flux de commandes ou d’autres facteurs opérationnels — augmentent le temps passé par prestation sans qu’il y ait, le plus souvent, une compensation proportionnelle sur le tarif versé par course.
Cette dynamique a des conséquences directes sur les conditions de travail et les revenus effectifs des livreurs, d’autant que la mesure statistique utilisée n’intègre pas les périodes inactives entre deux courses ni les coûts inhérents au statut d’indépendant (entretien du matériel, assurance, charges sociales), qui réduisent le revenu disponible.
Contexte social et démographique
Le bilan de l’ARPE est complété par une enquête menée en 2025 par Médecins du Monde et plusieurs centres de recherche auprès d’un millier de livreurs. Selon cette enquête citée, 98% des personnes interrogées sont nées à l’étranger et 64% seraient sans titre de séjour. Toujours d’après cette étude, ces livreurs travailleraient en moyenne 63 heures par semaine pour un salaire mensuel brut moyen de 1 480 euros.
Ces chiffres dessinent un profil de main-d’œuvre précaire, exposée à de longues semaines de travail et à des revenus modestes, facteurs qui renforcent les enjeux de santé, de protection sociale et de régulation du secteur. L’article d’origine rapporte également des témoignages d’exaspération, citant des propos très critiques à l’égard des plateformes, sans toutefois fournir d’extraits détaillés au-delà de la mention d’immersion auprès de livreurs Uber Eats et Deliveroo.
En synthèse, le constat de l’ARPE est clair : le revenu horaire brut en course a tendance à baisser depuis 2021 pour la plupart des acteurs, avec une unique hausse observée pour Uber Eats en 2025, liée à la mise en place d’un revenu minimum par course. Mais la mesure retenue masque des éléments déterminants du revenu réel, et la situation sociale des livreurs apparaît préoccupante.
Relevé · Fiabilité des sources citées
Chaque article de Commons se termine par cet examen. Il porte sur les sources citées dans le texte et vous permet de juger sur pièce.
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Les informations reprises dans cet article proviennent principalement de l’Autorité des relations sociales des plateformes d’emploi (ARPE) — organisme public évoqué comme auteur du bilan annuel — et d’une enquête de Médecins du Monde et plusieurs centres de recherche, ainsi que d’une déclaration du groupe Uber Eats relayée via l’AFP. Ces sources sont, en l’état présenté, globalement crédibles mais méritent quelques précautions :
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– ARPE : structure publique spécialisée dans l’analyse des relations sociales des plateformes ; ses bilans statistiques constituent une source de première main pour mesurer l’évolution des indicateurs du secteur. Fiabilité : élevée pour les données qu’elle publie, sous réserve de la méthodologie et des périmètres retenus (ici, les indicateurs sont fournis par les plateformes elles‑mêmes pour le « brut en course »).
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– Médecins du Monde et centres de recherche : organisations reconnues ; l’enquête auprès d’un millier de livreurs apporte un éclairage qualitatif et quantitatif important sur le profil et les conditions de travail. Fiabilité : bonne, mais les chiffres de l’enquête (notamment ceux sur le statut migratoire) doivent être interprétés en tenant compte de l’échantillonnage et de la méthodologie.
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– AFP (relais de la déclaration d’Uber Eats) : agence de presse réputée ; la reprise d’une déclaration d’entreprise via l’AFP est une pratique valide, mais il faut distinguer les faits constatés (données ARPE) des explications ou justifications fournies par les plateformes.
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En conclusion, les sources citées sont pertinentes et, prises ensemble, offrent un tableau fiable de la situation — sous réserve de consulter les rapports originaux pour vérifier les méthodes de collecte et les éventuelles limites méthodologiques mentionnées par les auteurs.
L’évaluation porte sur les sources citées dans le texte, pas sur la véracité des faits rapportés. Là où les autres médias placent une bio d’auteur, Commons place sa méthode.