Boutique virtuelle d'Emmaüs dénonce la concurrence d'Amazon
Label Emmaüs Dénonce la Concurrence Déloyale des Géants du Commerce en Ligne
Une concurrence déloyale sur le secteur du livre
Label Emmaüs, la boutique en ligne de seconde main de l’association fondée par l’Abbé Pierre, a exprimé le 15 avril dernier sa préoccupation concernant ce qu’elle qualifie de « concurrence déloyale » exercée par les géants du commerce en ligne, notamment dans le secteur du livre. Selon un communiqué de l’organisation, la marketplace solidaire souffre de plus en plus des pratiques commerciales des mastodontes du numérique tels qu’Amazon, Shein, Temu et AliExpress. La directrice de Label Emmaüs, Maud Sarda, pointe du doigt l’impact néfaste de l’inflation ainsi que des stratégies jugées « délétères » mises en place par ces plateformes. Elle dénonce une publicité « incessante », des modes de livraison toujours plus rapides et des prix en constant recul.
Depuis un an ou deux, Label Emmaüs affirme être confronté à des difficultés grandissantes pour assurer sa survie dans un environnement de plus en plus compétitif. Les statistiques montrent une baisse de 20% du nombre de visites sur le site au cours des premiers mois de l’année 2024 par rapport à la même période de l’année précédente.
Vers une régulation du secteur de la mode éphémère
En mars, les députés ont adopté une proposition de loi visant à rendre la fast-fashion, soit la mode éphémère, moins attrayante en prévoyant des sanctions financières et une interdiction de la publicité. Cette initiative est en attente de validation par le Sénat. Maud Sarda, de Label Emmaüs, se félicite de cette avancée et appelle à des mesures régulatrices pour limiter la prolifération de nouveaux produits sur les plateformes comme Shein et Amazon, tout en soulignant que la livraison gratuite proposée par ces dernières est déjà interdite depuis octobre 2023 pour les achats de livres neufs, à condition que le montant total de la commande ne dépasse pas 35 euros.
Label Emmaüs, qui génère un tiers de ses revenus grâce à la revente de livres et collecte plus de 20 millions d’ouvrages par an, plaide également en faveur de la promotion de la circulation solidaire des livres plutôt que de leur destruction. D’après une étude du Syndicat national de l’édition, 14% des livres produits en France en 2022 ont été détruits au lieu d’être vendus, une option qui s’avère moins coûteuse pour les éditeurs en termes de stockage.
Chaque acteur du secteur du commerce en ligne doit évaluer et ajuster ses pratiques afin de garantir une concurrence saine et équitable, ainsi qu’un respect des valeurs solidaires et écologiques. La collaboration entre les différentes parties prenantes serait primordiale pour l’émergence de solutions durables et éthiques dans le domaine de la vente en ligne.