Budget 2026 : l'Assemblée prolonge la défiscalisation des pourboires jusqu'en 2028, inquiétudes sur une possible substitution des salaires
L'Assemblée prolonge la défiscalisation des pourboires jusqu'en 2028. Débat sur le risque de substitution des salaires et impact budgétaire.
Sur fond de débats budgétaires tendus, l’Assemblée nationale a adopté, lundi 27 octobre, un amendement visant à prolonger la défiscalisation des pourboires jusqu’en 2028. Porté par le président du groupe Les Républicains, Laurent Wauquiez, et salué par lui sur le réseau social X, le texte a été approuvé par 142 voix contre 48, avec le soutien du Rassemblement national et de la droite, tandis que la gauche s’est majoritairement abstenue.
Le vote et ses acteurs
L’adoption de l’amendement s’inscrit dans la dynamique des débats sur le projet de loi de finances : elle a fait l’objet d’un vote pléthorique mais non définitif, puisque l’Assemblée nationale et le Sénat doivent encore concilier leurs versions lors des prochaines semaines de navette parlementaire.
Sur le plan politique, le soutien de la droite et du Rassemblement national contraste avec la réserve de la gauche. Eric Coquerel, président de la commission des finances et député de la France insoumise, a exprimé une inquiétude majeure : selon lui, la défiscalisation des pourboires pourrait avoir « un effet délétère sur les salaires », en réduisant l’incitation pour certains employeurs à relever les rémunérations fixes.
De son côté, le gouvernement n’était pas entièrement opposé au principe d’un prolongement. Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, soutenait une prorogation, mais limitée à 2027, marquant une divergence sur la durée de la mesure et montrant que l’accord en commission n’est pas synonyme d’alignement avec l’exécutif.
Autre mesure adoptée : taxation des très hauts revenus
Lors de la même séance, les députés ont également validé un amendement du député Charles de Courson visant à rapprocher l’assiette de deux dispositifs temporaires de taxation des hauts revenus — la contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR) et la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CEHR). Adoptée contre l’avis du gouvernement, cette mesure est présentée comme destinée à clarifier et harmoniser l’imposition des très hauts revenus.
Le rapporteur général du budget, Philippe Juvin, a chiffré la recette attendue entre 400 et 450 millions d’euros. Ce gain budgétaire, s’il se confirme, représente une rentrées non négligeables à court terme, mais la portée exacte dépendra des modalités techniques retenues et des éventuelles contestations juridiques ou interprétatives.
Conséquences et incertitudes
Concrètement, la prolongation de la défiscalisation des pourboires vise principalement les secteurs de la restauration et de l’hôtellerie où ces pratiques sont répandues. Les partisans avancent qu’elle favorise le pouvoir d’achat des salariés qui perçoivent des pourboires et incite à la transparence des revenus perçus en complément des salaires.
Les détracteurs, en revanche, soulignent le risque de substitution entre salaires et pourboires : certains employeurs pourraient être tentés de compenser des hausses salariales par une plus grande dépendance aux pourboires, moins protégés socialement et potentiellement plus volatils. L’impact réel dépendra des contrôles, de l’application des règles sociales et de comportements des employeurs et clients.
Sur le plan budgétaire, le texte ne fournit pas, à ce stade, d’estimation publique précise du coût pour l’État que représenterait l’extension jusqu’en 2028. Le gouvernement, qui proposait une durée plus courte, juge vraisemblablement nécessaire d’en évaluer l’impact sur les recettes fiscales et les cotisations sociales avant un engagement définitif.
La mesure relative aux contributions sur les hauts revenus, elle, semble plus directement affichée comme contributrice nette au budget, selon les estimations du rapporteur général. Reste à savoir si les analyses techniques et les simulations confirmant ces chiffres tiendront jusqu’au vote final et pendant la navette avec le Sénat.
Relevé · Fiabilité des sources citées
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Les éléments présentés dans l’article original reposent principalement sur des annonces publiques et des prises de position de responsables politiques, ainsi que sur un chiffrage fourni par le rapporteur général du budget. Ces sources sont des sources primaires pertinentes : les comptes-rendus de votes de l’Assemblée nationale, les déclarations des ministres et des présidents de commission sont traçables et vérifiables dans les publications officielles de l’Assemblée et les communiqués ministériels.
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