Crise du cognac 2025 Les exportations tombent à 141 millions de bouteilles et la valeur plonge de 39 pour cent de 3,6 à 2,2 milliards d euros Surtaxes chinoises et plan d arrachage de 3500 ha forcent la filière à se réinventer
Exportations à 141 M de bouteilles et valeur réduite de 3,6 à 2,2 Md€ en 2025. Plan d'arrachage de 3 500 ha et mesures d'aide expliqués.
En 2025, la filière du cognac traverse une des pires crises récentes : les exportations se sont effondrées à 141 millions de bouteilles, un niveau inédit depuis l’exercice qui avait suivi la crise financière de 2008, et la valeur des ventes a chuté d’environ 39 % par rapport au pic de 2021, passant de 3,6 milliards d’euros à 2,2 milliards. Ces chiffres, révélés par le journal Sud Ouest et relayés par l’AFP, ont déclenché une réponse coordonnée de l’interprofession et des autorités agricoles, qui ont acté un plan d’arrachage du vignoble pour réduire l’offre et compenser les pertes. Cette mesure marque une étape majeure pour un secteur très dépendant des marchés internationaux, et met en lumière l’interdépendance entre décisions commerciales internationales et terrain agricole local.\n\n
Baisse des ventes et origine du choc
\n\nLe coup d’arrêt aux ventes trouve sa source dans une crise commerciale internationale qui a pris de l’ampleur à partir de 2024 : Pékin a ouvert une enquête antidumping ciblant les brandys européens — le cognac étant la première cible — en réaction à des mesures européennes prises contre les véhicules électriques chinois. À l’issue de l’enquête, la Chine a appliqué des surtaxes substantielles sur les importations, poussant les maisons de cognac (Hennessy, Rémy Cointreau, Martell, entre autres) à répercuter ces coûts sur leurs prix pour préserver leurs marges.\n\nConséquence directe : en 2025 le volume exporté retombe à 141 millions de bouteilles, alors que le vignoble compte environ 90 000 hectares plantés. La chute en valeur — près de 1,4 milliard d’euros perdus en quatre ans — illustre la vulnérabilité d’une filière structurée autour d’un produit premium fortement exporté. Les conséquences financières se traduisent rapidement sur le terrain, avec des exploitations confrontées à des revenus en baisse et des décisions d’investissement compromises.\n\n
Le plan d’arrachage : montant, périmètre et enjeux
\n\nFace à ce que le Bureau national interprofessionnel du cognac (BNIC) qualifie de « crise historique », l’interprofession a demandé que l’État et l’Union européenne participent au financement d’un programme d’arrachage, évaluant le « préjudice » à environ 10 000 euros par hectare. Le ministère de l’Agriculture a annoncé fin novembre un fonds national de 130 millions d’euros destiné à soutenir un plan plus large pour les vignobles en crise, proposant une aide de 4 000 euros par hectare arraché définitivement. Le BNIC a confirmé qu’il engagerait la suppression de 3 500 hectares et complèterait l’aide publique d’une « surprime » de 6 000 euros/ha, financée sur ses propres ressources.\n\nSur le papier, ces mesures visent à rééquilibrer l’offre face à une demande extérieure durablement affaiblie et à limiter l’accumulation de stocks non écoulables. Dans les faits, l’arrachage soulève des interrogations : quel sera l’impact social et économique sur les exploitations concernées et les territoires ruraux ? Quelles conséquences pour la biodiversité et la gestion des sols ? Enfin, la mise en œuvre requiert des procédures administratives, notamment au regard des règles européennes d’aide d’État et de la coordination avec les collectivités locales.\n\nÉvaluation des perspectives : si l’aide permet un amortissement financier à court terme, la stratégie structurelle du cognac — diversification des marchés, adaptation des gammes, relocalisation partielle de la valeur ajoutée — restera déterminante pour retrouver une trajectoire de croissance.\n\n
Relevé · Fiabilité des sources citées
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\n\nLes informations chiffrées proviennent du quotidien régional Sud Ouest et ont été reprises par l’Agence France-Presse (AFP). L’AFP est une source reconnue pour son dépistage de l’information et sa rigueur rédactionnelle ; ses reprises et vérifications en font une référence fiable pour des faits factuels et des communiqués officiels. Sud Ouest, journal régional ancré sur le territoire, couvre de longue date l’actualité viticole de la région et a souvent accès aux données et acteurs locaux ; sa proximité peut être un atout pour des informations de terrain, mais elle impose aussi de rester attentif à la prise en compte des différentes parties prenantes.\n\nLe BNIC, interlocuteur principal cité, est une source primaire pour les données sectorielles et les propositions d’action : ses chiffres et demandes représentent l’analyse des professionnels du secteur. Toutefois, en tant qu’organisation professionnelle, le BNIC porte les intérêts de la filière — ce qui ne disqualifie pas ses données, mais nécessite de considérer un possible biais dans l’évaluation des besoins d’indemnisation. Les annonces gouvernementales (ministère de l’Agriculture) et les communications des grandes maisons (Hennessy, Rémy Cointreau, Martell) sont, elles, des sources officielles et vérifiables.\n\nEnfin, quelques limites subsistent dans le corpus d’informations diffusées : la synthèse relayée par les médias repose sur des communications d’acteurs institutionnels et économiques ; elle reflète principalement l’impact quantitatif immédiat mais offre moins de détails sur les modalités précises d’application du plan, les critères d’éligibilité pour les exploitants, et les conséquences environnementales à moyen terme. Pour une compréhension complète, il faudra suivre la publication des textes officiels, les décisions d’allocation budgétaire et les retours d’expérience des premières opérations d’arrachage.
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