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Enquête Insee 20 pour cent des 15-34 ans abandonnent leurs études et voient augmenter leur risque de chômage et de précarité surtout pour les jeunes issus de milieux modestes

Découvrez l'enquête Insee : 20% des 15-34 ans ont abandonné des études. Risques de chômage et pistes pour mieux réorienter.

Une enquête de l’Insee, publiée le 17 février, met en lumière l’ampleur et les conséquences de l’abandon des études en France : 20 % des 16 millions de jeunes âgés de 15 à 34 ans en 2024 déclarent avoir commencé des études qu’ils n’ont pas terminées, contre une moyenne de 14 % dans l’Union européenne. Ces chiffres, et les analyses qui les accompagnent, invitent à nuancer la lecture simpliste selon laquelle tout abandon scolaire conduit mécaniquement à l’échec professionnel. Ils montrent toutefois un risque accru de précarité pour une part importante des jeunes concernés, avec des effets différenciés selon l’origine sociale et la suite donnée — ou non — à cet abandon.\n\n

Abandons scolaires : quand la rupture survient souvent au moment décisif

\n\nL’Insee précise que les abandons ont majoritairement lieu l’année de passage d’un diplôme — en cours d’année ou après un échec à l’examen (classe terminale, 2e année de BTS, 3e année de licence, etc.). Ce timing explique en partie l’impact observé sur l’insertion professionnelle : sortir du système éducatif sans diplôme ou sans réorientation immédiate réduit les chances d’accéder à des emplois stables et qualifiés.\n\nConcrètement, l’étude montre que 23 % des jeunes ayant définitivement abandonné leurs études sont au chômage au sens du Bureau international du Travail (BIT) ou se trouvent dans le « halo autour du chômage » (personnes cherchant un emploi mais indisponibles immédiatement) au moment de l’enquête, contre 15 % parmi ceux qui n’ont pas abandonné de formation. Parmi ceux qui travaillent, 20 % des jeunes sortis après un abandon occupent un contrat à durée limitée (CDD ou intérim), contre 14 % pour les autres. Ces écarts traduisent une plus grande exposition à la précarité et aux trajectoires professionnelles discontinues.\n\n

Origine sociale, réorientation et inégalités d’avenir

\n\nL’Insee met aussi en évidence une fracture sociale nette : deux tiers des enfants de cadres qui abandonnent une formation se réorientent ensuite, tandis que deux tiers des enfants d’ouvriers ou d’inactifs cessent leurs études à la suite de cet abandon. Autrement dit, l’abandon n’a pas le même sens ni les mêmes conséquences selon le capital social, économique et informationnel des familles : pour certains, il s’agit d’un détour temporaire suivi d’une reprise, pour d’autres d’un point de rupture conduisant à une stagnation voire à une sortie durable du marché de l’emploi qualifié.\n\nCes constats appellent à distinguer plusieurs situations : abandon temporaire avec reprise, échec ponctuel lié à une mauvaise orientation, et rupture définitive sans solution de rechange. Les politiques publiques doivent donc combiner prévention (meilleure information et accompagnement avant et pendant les années charnières), détection précoce des fragilités et dispositifs de réorientation efficaces pour limiter la dégradation des perspectives professionnelles.\n\nFiabilité et limites des sources citées\n\nL’enquête citée est produite par l’Insee, l’Institut national de la statistique et des études économiques, qui est l’autorité statistique publique française. L’Insee est généralement considérée comme une source fiable : ses enquêtes respectent des standards méthodologiques élevés, sont transparentes sur leur champ et leurs méthodes, et font l’objet de contrôles et de relectures scientifiques. La vacuité des interprétations vient rarement des chiffres eux-mêmes mais plutôt des généralisations hâtives qu’on peut en tirer sans tenir compte des limites méthodologiques.\n\nL’article mentionne aussi une moyenne de 14 % pour l’Union européenne ; ce type de comparaison est souvent fondé sur des données harmonisées comme celles d’Eurostat (ou sur des enquêtes internationales comparables). Ces sources européennes sont aussi robustes, mais les comparaisons internationales exigent prudence : définitions nationales, structures d’éducation et de formation professionnelles, et pratiques de signalement des abandons peuvent varier entre pays.\n\nEnfin, la référence au Bureau international du Travail (BIT/ILO) pour la définition du chômage et du halo autour du chômage est appropriée : l’ILO fournit des normes internationales largement utilisées pour garantir la comparabilité des indicateurs du marché du travail. Toutefois, la mesure du « halo » reste sensible à la formulation des questionnaires et à l’interprétation des répondants.\n\nPoints de vigilance méthodologique\n\nPlusieurs limites doivent être signalées : l’enquête est transversale et décrit des corrélations au moment de l’enquête, elle n’établit pas de causalité formelle entre abandon et chômage. Les raisons de l’abandon (socio-économiques, sanitaires, liées à l’orientation, financières) ne sont pas toutes équivalentes et influencent différemment les trajectoires. Enfin, des facteurs contextuels récents (crise sanitaire, marché du travail post‑COVID, réforme des bourses et de l’orientation) peuvent avoir pesé sur les comportements et les résultats, et méritent des suivis longitudinalisés.\n\nEn conclusion, l’enquête de l’Insee fournit des éléments solides pour comprendre l’ampleur du phénomène et ses corrélats sociaux et professionnels. Elle appelle à des politiques ciblées : prévention des ruptures en année charnière, renforcement des dispositifs de réorientation et soutien privilégié aux jeunes issus de milieux modestes, afin d’éviter que l’abandon ne se transforme en enfermement socio‑économique.

La rédaction de Commons

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