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GiFi demande le redressement judiciaire : magasins ouverts, emplois inchangés à ce stade et incertitudes sur l’avenir du groupe

GiFi demande le redressement judiciaire. Découvrez ce que la direction annonce pour les magasins, les salariés et la suite de la procédure.

GiFi s’apprête à demander son placement en redressement judiciaire. Dans un courrier adressé aux 6 000 salariés en France et consulté par l’AFP, mardi 20 octobre 2026, Patrick Puy, nouveau président du directoire, annonce cette démarche pour protéger l’entreprise et poursuivre son activité. L’enseigne de magasins de bazar traverse une crise de trésorerie, sur fond de dégradation du marché pendant l’été, selon son dirigeant.

Une demande annoncée, pas encore un jugement

La formulation de cette annonce appelle une distinction importante : la direction indique vouloir solliciter l’ouverture d’une procédure. Le courrier cité ne constitue donc pas l’annonce d’un jugement ayant déjà placé GiFi en redressement judiciaire. Cette nuance permet de ne pas confondre la démarche de l’entreprise avec une décision du tribunal.

Pour les équipes, le message porte avant tout sur la continuité immédiate : les points de vente demeurent ouverts, l’activité continue et les contrats de travail restent inchangés, assure la direction. Patrick Puy précise également qu’aucun nouveau plan de sauvegarde de l’emploi, ou PSE, n’est engagé à ce stade. Ces assurances décrivent la situation au moment du courrier ; elles ne constituent pas une garantie sur toutes les décisions à venir.

Un nouveau dirigeant face à une crise persistante

Patrick Puy prend la tête d’un groupe qui peine à retrouver sa stabilité. Sa nomination, annoncée quelques jours avant ce courrier, fait de lui le quatrième dirigeant chargé du redressement de GiFi en deux ans. Il a auparavant dirigé plusieurs entreprises en difficulté, parmi lesquelles Moulinex-Brandt, Vivarte et Go Sport. Son arrivée intervient alors que les problèmes de trésorerie restent au cœur de la crise.

La succession rapide des responsables accompagne ainsi des difficultés qui ne sont pas nouvelles. La Dépêche du Midi confirme ce changement de gouvernance et la situation financière préoccupante de l’enseigne. Toutefois, l’arrivée d’un spécialiste des restructurations ne permet pas, à elle seule, de connaître les mesures qui seront retenues ni leur portée pour les magasins et les salariés.

Des difficultés informatiques et une concurrence accrue

Le groupe, dont le siège est installé à Villeneuve-sur-Lot, dans le Lot-et-Garonne, a vu ses difficultés commencer avec un changement de système informatique mal maîtrisé en 2023. À cet épisode s’est ajoutée la concurrence d’autres enseignes à petits prix, notamment Action et Maxibazar, ainsi que celle de plateformes de commerce en ligne comme Temu. Le texte disponible ne chiffre pas le poids respectif de ces facteurs.

Le recul du marché pendant l’été est, lui, avancé par Patrick Puy dans sa communication aux salariés. Il convient donc de présenter cette explication comme celle de la direction, et non comme une analyse indépendante permettant de mesurer précisément l’origine de la crise. Le courrier rend compte du diagnostic du dirigeant, sans fournir à lui seul une présentation complète des comptes du groupe.

Des ajustements déjà envisagés pour le réseau

Fondée en 1981 par Philippe Ginestet, GiFi compte plus de 500 magasins. En 2025, l’enseigne avait envisagé une réduction de 5 % de ses effectifs, avant d’interrompre ce plan social. Cet antécédent doit être distingué de l’annonce actuelle : l’absence de nouveau PSE, affirmée par la direction, ne signifie pas que le groupe n’a jamais étudié de suppressions de postes.

GiFi s’est également rapproché de Grand Frais pour lui céder une trentaine de magasins. Un communiqué du cabinet Jeantet, conseil juridique de GiFi, confirme l’existence de ce projet. Ce document étaye les discussions, mais ne doit pas être interprété, à lui seul, comme la preuve que toutes les cessions envisagées ont été définitivement réalisées.

Des sources solides, avec des limites à respecter

L’article initial repose principalement sur l’AFP, qui indique avoir consulté le courrier du dirigeant. Cette base documentaire est solide pour établir le contenu de l’annonce. Elle impose néanmoins de conserver l’attribution des assurances sur l’emploi à la direction : rapporter fidèlement ses engagements ne revient pas à vérifier leur réalisation future.

Le communiqué de Jeantet constitue, pour sa part, une source directement impliquée dans le projet avec Grand Frais : utile pour confirmer les discussions, mais non indépendante des parties. Le point essentiel reste donc circonscrit : GiFi annonce une demande de protection judiciaire et la poursuite immédiate de son activité, sans que les éléments cités permettent de préjuger de l’issue du redressement recherché.

La rédaction de Commons

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