Intermarché anticipe le 10 septembre renforcement des livraisons et des stocks en magasin 3 à 10 jours selon les produits Thierry Cotillard condamne les chariots gratuits et appelle au civisme
Thierry Cotillard annonce livraisons accrues et 3–10 jours de stock chez Intermarché, condamne les chariots gratuits et appelle au civisme.
À l’approche du mouvement national annoncé pour le 10 septembre, le président du groupement Les Mousquetaires (Intermarché), Thierry Cotillard, a exprimé lundi 8 septembre, lors d’un entretien accordé à RMC/BFMTV, sa « crainte » quant à d’éventuelles perturbations de l’approvisionnement. Pour s’y préparer, le distributeur a demandé aux industriels d’augmenter légèrement les livraisons et a demandé à ses adhérents d’accroître leurs stocks : selon M. Cotillard, les magasins disposeraient désormais de trois à dix jours de stock selon les familles de produits. Ces mesures visent, selon lui, à « pouvoir quand même continuer à alimenter les Français » si le mouvement se prolongeait ou s’intensifiait.
Mesures opérationnelles et message aux consommateurs
Concrètement, Intermarché affirme avoir lancé deux consignes principales : demander aux industriels de livrer « un peu plus que prévu » et demander aux magasins du réseau d’« monter en charge » pour stocker davantage. La fourchette de trois à dix jours évoquée par le dirigeant reflète probablement la variabilité par type de produit — les produits secs et d’hygiène étant plus faciles à stocker que les produits frais ou surgelés — mais il s’agit d’un chiffre communiqué par l’entreprise et à prendre comme tel : estimation interne plutôt que donnée indépendante vérifiée.
Lors de l’entretien, Thierry Cotillard a également dénoncé les appels aux « chariots gratuits » — invitation à quitter des grandes surfaces sans payer — qualifiant ces actions de vol et appelant au civisme des manifestants. Le groupement a prévenu qu’il s’organiserait en conséquence, laissant entendre des mesures de sécurité adaptées dans les magasins susceptibles d’être visés par des incidents.
Enjeux pour la chaîne d’approvisionnement et limites de ces précautions
Sur le fond, la réaction d’Intermarché illustre la vulnérabilité structurelle des distributeurs : pour des raisons logistiques et financières, la grande distribution fonctionne généralement avec des niveaux de stock limités, adaptés à une consommation continue et à des livraisons fréquentes. Ajouter quelques jours de stock peut offrir une marge de manœuvre à court terme, mais ce n’est pas une garantie contre des blocages généralisés des routes, des entrepôts ou des sites de production. De plus, la nature des produits importe : on peut conserver plus aisément des conserves ou produits secs que des produits frais, dont la durée de vie est encadrée.
Les conséquences éventuelles d’un mouvement prolongé dépendront donc de l’ampleur et de la localisation des blocages, de la capacité des transporteurs à contourner les perturbations, et de la coopération des industriels. À court terme, la stratégie d’augmenter légèrement les livraisons et les stocks est une mesure de prévention logique, mais elle peut aussi générer des tensions en amont (augmentation temporaire de la demande chez les fabricants) et des coûts logistiques accrus.
Par ailleurs, le dirigeant a évoqué ses inquiétudes sur le plan macroéconomique, craignant que des bouleversements politiques — il cite la chute plausible du gouvernement de François Bayrou — n’entraînent une aggravation de la situation économique. Cette analyse relève clairement d’une appréciation politique et prospective ; elle reflète l’inquiétude d’un acteur économique face à l’incertitude, mais n’apporte pas d’éléments factuels quantifiables sur l’impact économique direct d’une crise politique éventuelle.