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Pourquoi les prix des carburants flambent de nouveau en France malgré l’absence de pénurie annoncée par le gouvernement

Prix des carburants : découvrez les causes de la hausse, entre tensions au Moyen-Orient, risques maritimes et marché du diesel sous pression.

Après une accalmie observée au début du mois d’août, les prix des carburants sont repartis nettement à la hausse en France. Selon les données gouvernementales citées dans l’article d’origine, le litre de SP98 a atteint en moyenne 2,24 euros le mercredi 16 septembre, un niveau inédit depuis le pic enregistré en juin 2022, quelques mois après le début de la guerre en Ukraine. Le SP95-E10 s’établissait pour sa part à 2,15 euros, tandis que le gazole approchait 2,35 euros le litre.

Ces niveaux ravivent les inquiétudes des automobilistes et alimentent les mouvements de protestation. Le gouvernement redoute même un possible retour de la contestation des « gilets jaunes ». La ministre déléguée à l’Énergie, Maud Bregeon, a toutefois assuré qu’il n’existait « aucun risque de pénurie ». La hausse actuelle s’expliquerait donc moins par l’absence de carburant dans les stations que par le renchérissement du pétrole brut et des produits raffinés sur les marchés internationaux.

Le Moyen-Orient au cœur des inquiétudes du marché

Le principal facteur avancé dans l’article est la dégradation de la situation au Moyen-Orient. Le prix du baril de brut a dépassé 108 dollars, un niveau qui n’avait plus été atteint depuis le mois de mai. Cette progression intervient alors que les espoirs de désescalade entre l’Iran et les États-Unis semblent s’être éloignés depuis la reprise des frappes, le 30 août.

Le détroit d’Ormuz concentre une grande partie des inquiétudes. Selon le texte, les affrontements et les tensions militaires perturbent la circulation maritime dans cette zone stratégique, par laquelle transiterait habituellement environ un cinquième des hydrocarbures mondiaux. Toute menace pesant sur cet itinéraire peut pousser les opérateurs à anticiper une réduction de l’offre et à intégrer une prime de risque dans les prix.

Thierry Bros, professeur à Sciences Po et spécialiste de l’énergie, résume cette mécanique en estimant que plus le conflit se prolonge, plus l’équilibre entre l’offre et la demande se tend. Cité par l’AFP, Stephen Innes, analyste de SPI Asset Management, souligne également que les marchés évaluent à la fois l’escalade immédiate et la durée probable du risque géopolitique. Cette seconde dimension pèserait de plus en plus lourd dans la formation des prix.

Les tensions autour du détroit de Bab el-Mandeb, entre la mer Rouge et le golfe d’Aden, constituent un autre sujet de préoccupation. L’article évoque des attaques attribuées aux rebelles houthis contre des infrastructures et des intérêts saoudiens, ainsi que leur emprise accrue sur cette voie maritime. Il mentionne également la fermeture temporaire de l’oléoduc Est-Ouest par l’Arabie saoudite après des attaques de drones attribuées à des groupes venus d’Irak. D’après l’analyse rapportée d’Arne Lohmann Rasmussen, de Global Risk Management, cet oléoduc peut transporter environ sept millions de barils par jour jusqu’à Yanbu, sur la mer Rouge, afin de contourner le détroit d’Ormuz.

La guerre en Ukraine ajoute une pression sur les produits raffinés

Le conflit entre la Russie et l’Ukraine ne serait pas la cause principale de la flambée, mais il contribuerait aussi à la tension sur le marché. Thierry Bros explique que les attaques ukrainiennes contre des raffineries russes réduisent les exportations de produits pétroliers, notamment de diesel. Cette situation peut peser davantage sur les carburants raffinés que sur le seul prix du pétrole brut.

Donald Trump a affirmé que Moscou et Kiev s’étaient engagés à ne plus viser leurs infrastructures énergétiques. Le texte précise cependant que les marchés restent prudents face à cette promesse. Selon Arne Lohmann Rasmussen, une interruption des attaques pourrait améliorer l’équilibre du marché du diesel, mais les perturbations liées au Moyen-Orient demeureraient le facteur le plus important.

Des sources globalement identifiables, mais à confronter

Les sources citées présentent des niveaux de fiabilité différents. Les données gouvernementales sur les prix constituent la référence la plus solide pour mesurer l’évolution des tarifs en France, à condition de vérifier la date, la méthode de calcul et le périmètre retenu. L’AFP est également une source journalistique reconnue, mais les analyses qu’elle rapporte restent des interprétations d’experts et ne doivent pas être confondues avec des faits définitivement établis.

Les déclarations de Thierry Bros, de Stephen Innes, d’Arne Lohmann Rasmussen et des analystes d’ING apportent un éclairage spécialisé sur les marchés. Elles sont utiles pour comprendre les mécanismes de hausse, mais elles relèvent en partie de l’analyse et de la prévision. Les affirmations militaires et les annonces attribuées aux autorités iraniennes, saoudiennes ou américaines nécessitent, elles, une vérification indépendante, car elles peuvent être influencées par la communication des parties au conflit. L’article permet donc de dégager une tendance claire — la montée du risque géopolitique et la crainte d’une offre moins abondante — tout en appelant à la prudence sur les événements précis présentés comme à l’origine de cette flambée.

La rédaction de Commons

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