Salaires 2025 : hausse ralentie mais supérieure à l'inflation selon Deloitte sur un million de fiches de paie, OETAM +2,5% cadres +2,3%, écart femmes-hommes réduit, Île-de-France en tête conclusions à tempérer
Deloitte montre des hausses salariales 2025 plus modérées, écart femmes-hommes réduit et Île-de-France en tête; précisions et limites.
Les salaires poursuivent leur progression en 2025, mais à un rythme plus proche de l’avant‑Covid‑19. C’est le principal enseignement d’une étude annuelle publiée par le cabinet Deloitte et relayée par l’AFP : les hausses salariales restent supérieures à l’inflation, mais elles marquent un net ralentissement par rapport aux niveaux exceptionnels observés en 2023–2024.
Principales évolutions salariales en 2025
Deloitte indique, à partir d’un million de données de paie provenant de 300 entreprises de toutes tailles et secteurs, que les salaires des ouvriers, employés, techniciens et agents de maîtrise (OETAM) augmentent de 2,5 % en 2025, contre 3,5 % en 2024. Pour les cadres, la hausse est évaluée à 2,3 % (après +3,4 % en 2024).
Sophie Lazaro, associée capital humain chez Deloitte, citée par l’AFP, interprète ces chiffres comme un « retour à la normale » : les évolutions salariales se rapprocheraient des niveaux observés avant 2020, après deux années où l’inflation avait poussé les revalorisations à la hausse.
Les prévisions pour 2026 reflètent le même mouvement de modération : Deloitte fait passer son estimation d’augmentation moyenne pour l’année suivante de 3 % (précédente prévision) à 2 %, toutefois sur la base des réponses de seulement 40 % des employeurs interrogés — un point méthodologique important pour en juger la robustesse.
Inégalités et disparités géographiques
Sur le plan des inégalités salariales entre les sexes, l’étude constate une réduction de l’écart moyen lorsque l’on compare postes et temps de travail équivalents : l’écart s’affiche à 2,3 % en 2025, contre 3,8 % en 2024. Deloitte attribue en partie ce recul au renforcement des obligations européennes en matière d’égalité salariale et à une attention réglementaire accrue sur la transparence des rémunérations.
Les nuances demeurent selon les catégories : l’écart est réduit à 1,4 % pour les OETAM, mais il reste de 3 % chez les cadres et atteint 10,2 % chez les cadres supérieurs. Ces chiffres suggèrent que, malgré les progrès, les différences persistent surtout dans les échelons supérieurs de la hiérarchie professionnelle.
Un autre constat marquant concerne la géographie des salaires : l’écart moyen entre l’Île‑de‑France et les autres régions se creuse, passant de 4 % à 5,6 % en faveur de la région capitale. Cette polarisation salariale reflète des disparités structurelles (poids des sièges sociaux, concentration de fonctions à forte valeur ajoutée, coût de la vie) que l’étude ne développe pas en détail.
Relevé · Fiabilité des sources citées
Chaque article de Commons se termine par cet examen. Il porte sur les sources citées dans le texte et vous permet de juger sur pièce.
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Le cabinet Deloitte est un acteur reconnu du conseil et de l’audit, et une étude fondée sur un million d’enregistrements de paie peut offrir une base quantitative solide. Toutefois, plusieurs limites méthodologiques appellent à la prudence dans l’interprétation des résultats.
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D’abord, la composition de l’échantillon (300 entreprises) n’est pas détaillée publiquement : la représentativité sectorielle, la répartition par taille d’entreprise, et la pondération géographique sont des éléments déterminants pour extrapoler ces résultats à l’ensemble du marché du travail français. Sans ces précisions, des biais de sélection — par exemple une surreprésentation de grands groupes ou de secteurs porteurs — restent possibles.
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Ensuite, les prévisions pour 2026 reposent sur les réponses de 40 % des employeurs interrogés, ce qui en réduit la force probante. Les anticipations d’augmentation salariale sont par nature sensibles aux conditions économiques et politiques : elles peuvent varier rapidement en fonction de l’inflation, de la conjoncture ou d’accords collectifs.
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Concernant l’analyse du genre, Deloitte compare des postes à responsabilité et temps de travail équivalents, ce qui renforce la pertinence de la comparaison. Néanmoins, l’étude ne précise pas si elle contrôle pour d’autres facteurs explicatifs (ancienneté, formation, spécialisation, mobilité interne), qui influencent aussi fortement les écarts salariaux.
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Enfin, le relais de l’AFP — agence de presse reconnue pour son exigence et sa fiabilité — confère une crédibilité médiatique au compte rendu, mais l’article lui‑même se fonde essentiellement sur l’étude de Deloitte et sur des déclarations du cabinet. Pour une évaluation complète, il serait utile d’accéder au rapport intégral de Deloitte et, idéalement, à d’autres sources indépendantes (statistiques publiques, études académiques ou d’organismes sociaux) corroborant les tendances observées.
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En résumé, l’étude pointe un retour à des rythmes d’augmentation plus « normaux » en 2025, une réduction mesurable mais incomplète des écarts salariaux entre les sexes, et une accentuation de l’avantage salarial de l’Île‑de‑France. Les conclusions sont plausibles et reposent sur un volume de données conséquent, mais leur généralisation mérite prudence en l’absence de détails méthodologiques et de comparaisons avec d’autres jeux de données publics ou indépendants.
L’évaluation porte sur les sources citées dans le texte, pas sur la véracité des faits rapportés. Là où les autres médias placent une bio d’auteur, Commons place sa méthode.