Stellantis perd 22,3 milliards en 2025 et repense son plan d électrification cessions participations réévaluation batteries relance des modèles thermiques et suppression du dividende
Perte de 22,3 Md€ en 2025: Stellantis revoit son plan électrique, cède des participations et relance le thermique. Consultez les chiffres et communiqués.
Le constructeur Stellantis a annoncé une perte nette comptable de 22,3 milliards d’euros pour l’exercice 2025, résultat d’une charge exceptionnelle massive portée au bilan. Le groupe attribue principalement cette dégradation à des provisions et ajustements liés à son activité sur les véhicules électriques, dont les ventes et les perspectives commerciales se sont révélées bien inférieures aux attentes internes.
Détails et portée des pertes
Selon les éléments rendus publics jeudi 26 février, la perte nette ressort à 22,3 milliards d’euros, portée par une charge exceptionnelle totale de 25,4 milliards. Le groupe avait déjà annoncé, le 6 février, des charges colossales s’élevant à 22 milliards d’euros pour le seul second semestre 2025 afin de réviser ses plans de production et d’investissement dans l’électrique.
Concrètement, Stellantis a enregistré une perte opérationnelle courante d’environ 842 millions d’euros sur l’exercice, avec une marge opérationnelle négative à -0,5%. Le conseil d’administration a décidé de ne pas distribuer de dividende pour cette période. Le groupe évoque plusieurs facteurs combinés : des ventes d’électriques inférieures aux prévisions, des ajustements de prix, ainsi que des impacts de change défavorables sur ses recettes.
Réorientation stratégique : retrait et recentrage
Face à ces résultats, Stellantis confirme un réajustement important de sa stratégie électrique. Le groupe a annoncé le désengagement de plusieurs projets : la cession de sa participation de 49% dans NextStar Energy — impliquée dans le projet de « gigafactory » canadienne — et une sortie envisagée ou réévaluation de sa coentreprise avec Samsung pour la construction de deux gigafactories aux États-Unis.
Parallèlement, la direction a choisi de relancer certains modèles thermiques, y compris des moteurs diesel, et de renforcer l’offre de véhicules à moteur thermique sur les marchés américain et européen. Stellantis met en avant que ces décisions ne remettent pas en cause son engagement en faveur de l’innovation ni son objectif d’électrification à long terme, mais qu’elles traduisent un réalignement tactique face aux conditions commerciales actuelles.
Le groupe mise en outre sur une montée en puissance de nouveaux modèles, notamment des pick-up thermiques aux États‑Unis, pour soutenir les ventes. La politique de prix semble évoluer : après une stratégie de prix élevés sous l’ère Carlos Tavares, Stellantis a opéré des réductions au premier semestre, ce qui a pesé sur les revenus.
Place de Stellantis dans la hiérarchie des pertes françaises et contexte sectoriel
La perte annoncée est présentée comme la seconde plus importante jamais enregistrée par un groupe français, derrière le chiffre de Vivendi en 2002 (-23,3 milliards d’euros) et devant d’autres épisodes marquants comme France Télécom (2002) ou EDF (2022). Elle dépasse nettement le précédent record pour un groupe automobile français — la perte de Renault en 2020 — et s’inscrit dans une série d’ajustements similaires observés chez d’autres constructeurs mondiaux qui ont également provisionné des charges liées à des ventes d’électriques plus faibles que prévu, notamment sur le marché américain.
Ces mouvements soulignent la volatilité de la transition vers l’électrique : coûts d’usine, chaînes d’approvisionnement pour batteries, incertitudes réglementaires et évolutions rapides des préférences clients peuvent conduire à des révisions de stratégie coûteuses.
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