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146 défenseurs des terres et de l environnement tués ou portés disparus en 2024 majoritairement en Amérique latine violences liées à l extractivisme impunité et groupes armés exigent protections juridiques et devoir de diligence

Global Witness recense 146 défenseurs morts ou disparus en 2024. Lire causes, responsabilités et recommandations avant la COP30.

Rien que pour 2024, l’ONG Global Witness a documenté 146 meurtres et disparitions à long terme de défenseurs des terres et de l’environnement, soit « environ trois personnes tuées ou disparues chaque semaine », selon son rapport publié le 16 septembre. Ce total marque une baisse par rapport aux 196 cas recensés en 2023, mais l’ONG met en garde : cette diminution ne doit pas être interprétée comme une amélioration générale de la sécurité des défenseurs, d’autant que de nombreux cas restent probablement non documentés dans plusieurs pays.

Concentration géographique et industries visées

Plus de quatre cas documentés sur cinq ont eu lieu en Amérique latine, région qui demeure la plus meurtrière pour les activistes environnementaux. La Colombie apparaît comme l’épicentre du phénomène : elle concentrait à elle seule 48 des 146 victimes recensées en 2024, soit environ un tiers du total mondial, après 79 assassinats en 2023. Le rapport souligne la vulnérabilité particulière des peuples autochtones, des communautés paysannes et des populations afro-descendantes, notamment lorsqu’ils s’opposent aux projets des industries extractives ou lorsqu’ils travaillent à proximité de groupes armés et de zones de conflit.

Le Brésil, pays hôte de la COP30 qui se tiendra en novembre, a enregistré 12 assassinats répertoriés par Global Witness. Ces chiffres illustrent la liaison fréquente entre exploitation des ressources (mines, agriculture industrielle, pétrole, bois) et violences dirigées contre celles et ceux qui défendent les terres et les écosystèmes.

Facteurs structurels et conséquences

Le rapport met en lumière plusieurs facteurs structurels alimentant la violence : l’impunité persistante pour les auteurs de crimes, la compétition pour des ressources naturelles lucratives, la présence de groupes armés ou de réseaux criminels, et l’absence de protection juridique et institutionnelle pour les défenseurs. Dans de nombreux territoires ruraux ou isolés, l’État est soit absent, soit compromis, et les voies de recours sont limitées. L’effet est double : d’une part, les communautés se trouvent exposées à des pressions économiques et sécuritaires; d’autre part, la peur et la répression découragent les dénonciations et la surveillance citoyenne des atteintes environnementales.

Les conséquences dépassent les pertes humaines : elles affectent la préservation de territoires clés pour la biodiversité et le climat, notamment lorsque les voix locales qui s’opposent à l’exploitation destructrice sont réduites au silence. La tenue de grandes conférences internationales comme la COP30 au Brésil place ces enjeux au cœur du débat public et politique, mais n’implique pas automatiquement des mesures de protection accrues sur le terrain.

Relevé · Fiabilité des sources citées

Chaque article de Commons se termine par cet examen. Il porte sur les sources citées dans le texte et vous permet de juger sur pièce.

  1. Global Witness est une ONG reconnue pour ses enquêtes sur les liens entre violences, corruption et exploitation des ressources naturelles. Sa méthodologie combine généralement le recueil d’informations auprès d’ONG locales, de médias, et de dossiers judiciaires ou administratifs, avec des procédures de vérification croisées. Ces approches renforcent la crédibilité de ses chiffres, qui sont souvent cités par des médias et des institutions internationales.

  2. Cependant, plusieurs limites méthodologiques doivent être prises en compte. D’abord, la définition du « défenseur de l’environnement » varie selon les acteurs et les contextes, et certaines enquêtes se concentrent spécifiquement sur les personnes impliquées dans la défense des terres, laissant de côté d’autres catégories de militants. Ensuite, le recensement des meurtres et des disparitions repose souvent sur des sources secondaires (médias, rapports locaux), ce qui peut conduire à des sous‑estimations dans les zones où la liberté de la presse est restreinte ou où l’accès est difficile. Enfin, la focalisation sur les cas mortels ne rend pas compte de l’ampleur des menaces non létales (harcèlement, criminalisation, violences sexuelles, pressions économiques), qui fragilisent tout autant les mobilisations.

  3. Pour ces raisons, les chiffres de Global Witness doivent être lus comme un indicateur robuste mais incomplet : ils documentent des tendances graves et persistantes, tout en sous-évaluant probablement l’ampleur réelle des violences. Les données d’autres acteurs — comme les rapports d’ONG locales, du Bureau du Haut‑Commissaire aux droits de l’homme, ou d’organisations spécialisées sur la protection des défenseurs — convergent généralement sur la gravité du phénomène, mais divergent parfois sur l’étendue précise, en raison de méthodologies différentes.

  4. Perspectives et pistes d’action

  5. Les éléments réunis par Global Witness appellent à des réponses multiples : renforcement des mécanismes nationaux et internationaux de protection, enquête et poursuites effectives contre les auteurs, reconnaissance et sécurisation des droits fonciers des communautés autochtones et locales, et devoir de diligence des entreprises opérant dans les filières à risque. La mobilisation internationale, y compris lors d’événements comme la COP30, peut créer des opportunités pour lier les engagements climatiques à la protection des défenseurs, à condition que ces enjeux soient traduits en mesures concrètes et contrôlables sur le terrain.

  6. En l’état, le rapport confirme une réalité documentée : défendre la terre et l’environnement reste une activité dangereuse dans de nombreuses régions du monde, et la réduction effective des violences exigera des actions ciblées et coordonnées, fondées sur des informations fiables et sur la participation des communautés concernées.

L’évaluation porte sur les sources citées dans le texte, pas sur la véracité des faits rapportés. Là où les autres médias placent une bio d’auteur, Commons place sa méthode.

La rédaction de Commons

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