À la COP30 Jim Skea juge presque inévitable le dépassement de 1,5 C sans réductions rapides et séquestration massive du CO2
À la COP30, Jim Skea avertit qu’un dépassement transitoire de 1,5 °C paraît probable. Quelles mesures pour réduire les émissions et capter le CO2 ?
Le message du président du GIEC, Jim Skea, est sans équivoque : un dépassement à court terme du seuil de 1,5 °C de réchauffement global apparaît « presque inévitable ». Cette affirmation, prononcée lors de l’ouverture de la COP30 à Belém, rappelle que les engagements pris depuis l’accord de Paris en 2015 n’ont pas suffi à inverser la trajectoire des émissions de gaz à effet de serre. Le constat ne surprend pas les climatologues : l’augmentation continue des émissions et les fluctuations climatiques naturelles rendent plausible une brève « percée » au‑dessus de 1,5 °C avant qu’un éventuel reflux ne soit possible si des réductions profondes et immédiates étaient engagées. Ce dépassement, même temporaire, soulève des enjeux majeurs pour les sociétés et les écosystèmes mondiaux.\n\n
Que signifie un « dépassement à court terme » et pourquoi cela importe
\n\nLe seuil de 1,5 °C renvoie à la moyenne de la température globale par rapport à l’ère préindustrielle. Un « dépassement à court terme » implique que la moyenne sur quelques années franchisse ce seuil, souvent sous l’influence combinée de l’effet cumulatif des émissions et d’épisodes climatiques naturels (comme El Niño). Ce n’est pas nécessairement synonyme d’une trajectoire irréversible : la température peut redescendre si les émissions nettes de dioxyde de carbone (CO2) diminuent suffisamment vite.\n\nNéanmoins, chaque fraction de degré compte : les scientifiques du GIEC et d’autres institutions ont montré que des différences de quelques dixièmes de degré amplifient significativement les risques — canicules plus fréquentes et intenses, sécheresses prolongées, incendies, inondations côtières, perte d’habitats et d’espèces. Ainsi, même un dépassement transitoire accroît la probabilité d’impacts sévères et d’effets irréversibles sur certaines régions et secteurs vulnérables.\n\n
Que faudrait‑il pour revenir sous 1,5 °C et limiter les dégâts ?
\n\nPour espérer limiter le réchauffement à 1,5 °C d’ici à la fin du siècle, comme l’a rappelé Skea, deux conditions sont essentielles : des réductions immédiates, profondes et durables des émissions de CO2 — et, en parallèle, le retrait d’une part significative du CO2 déjà présent dans l’atmosphère. Les premières exigent une transition rapide des systèmes énergétiques (arrêt progressif du charbon, sortie des énergies fossiles les plus polluantes, déploiement massif des renouvelables), des gains d’efficacité, et des transformations dans les transports, l’industrie et l’agriculture.\n\nLes mesures d’élimination du CO2 (afforestation, restauration des sols, technologies de capture et de stockage, captures directes dans l’air) peuvent contribuer, mais elles sont coûteuses, technologies émergentes et limitées en capacité à court terme. Compter exclusivement sur ces techniques pour compenser des émissions persistantes est risqué. L’adaptation aux impacts inévitables doit par ailleurs être renforcée — investissements dans les infrastructures résilientes, plans de gestion de l’eau et protections côtières, entre autres.\n\nÉvaluation de la fiabilité des sources citées\n\nLe GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) est la référence scientifique internationale sur le climat : ses rapports synthétisent des milliers d’études évaluées par les pairs et font consensus entre scientifiques et gouvernements. La déclaration de Jim Skea, en tant que président du GIEC, repose donc sur un socle scientifique solide et est à considérer comme hautement fiable pour ce qui est de l’état des connaissances et des projections climatiques.\n\nLes références à l’ONU et aux « nombreux climatologues » renvoient à des institutions et communautés scientifiques largement reconnues ; elles confirment l’accord scientifique général sur les risques associés au franchissement de 1,5 °C. En revanche, lorsqu’un article mentionne une prise de parole particulière (par exemple un message vidéo lors d’une COP), il est utile de vérifier la citation primaire (texte ou vidéo publiés par la COP, le GIEC ou l’UNFCCC) pour s’assurer du contexte exact. Les médias qui rapportent ces déclarations peuvent être fiables, mais la précision dépendra de leur rigueur journalistique et de la présence de sources directes.\n\nConclusion — ce que cela implique pour les décideurs et les citoyens\n\nLe signal lancé à Belém rappelle l’urgence : sans changements rapides et soutenus, la planète risque non seulement de franchir des seuils symboliques, mais surtout d’augmenter la fréquence et l’intensité d’impacts qui touchent déjà des millions de personnes. Les choix politiques, économiques et individuels dans la décennie à venir resteront déterminants : réduire drastiquement les émissions, investir dans la résilience et limiter le recours à des solutions de dernier recours dont l’efficacité est incertaine.\n\nSoutenir des politiques basées sur les connaissances scientifiques, exiger des engagements vérifiables et transparents, et favoriser les transformations systémiques sont les voies les plus réalistes pour limiter les dommages futurs. Le rapport du GIEC et les prises de parole à la COP30 devraient être entendus comme un appel à accélérer ces transformations, non comme une fatalité.