Autorité sanitaire belge : recommandation d'interdire les vols de nuit à Bruxelles-Zaventem
Une interdiction nocturne pour la santé des riverains
La Haute Autorité belge de la Santé a émis une recommandation claire en faveur de l’interdiction complète des vols d’avions de 23 à 7 heures à l’aéroport de Bruxelles-Zaventem, le plus fréquenté du pays. Cette initiative vise à protéger la santé des quelque 160 000 riverains exposés à des niveaux de bruit aérien dépassant les 45 décibels. Selon l’Organisation mondiale de la santé, il est fortement recommandé de maintenir ces nuisances sonores en dessous de 40 décibels, en raison des effets néfastes qu’elles peuvent avoir sur la santé.
Outre les troubles du sommeil, les bruits d’avions en pleine nuit sont liés à des problèmes de santé tels que l’hypertension, un risque accru de dépression ou des troubles cognitifs, en particulier chez les enfants. Le Conseil supérieur de la Santé a souligné que les activités nocturnes à l’aéroport de Bruxelles-Zaventem ne sont pas viables compte tenu de la densité de population de la région. Le ministre belge de la Santé, Frank Vandenbroucke, a exprimé son soutien à une réduction progressive et systématique des vols de nuit, en commençant par les avions les plus bruyants.
Une étude réalisée auprès d’écoliers allemands de primaire, vivant à proximité de l’aéroport de Francfort, a établi un lien direct entre l’exposition aux bruits d’avions et des retards d’apprentissage dans la lecture. En Allemagne, une cour administrative a déjà interdit les vols à l’aéroport de Francfort entre 23 et 5 heures, une mesure qui reste en vigueur avec des exceptions pour des situations météorologiques urgentes ou des questions de sécurité.
Un dilemme entre santé publique et activité essentielle
L’aéroport de Bruxelles-Zaventem accueille en moyenne entre 20 et 25 millions de passagers par an, à l’exception des années 2020 et 2021 marquées par la pandémie de Covid-19. Malgré la baisse de fréquentation due à la crise sanitaire, Brussels Airport, l’exploitant de l’aéroport, défend le maintien du trafic de nuit, en soulignant l’importance de cette activité pour le transport de marchandises, notamment les produits pharmaceutiques.
Le fret aérien représente actuellement la moitié des vols de nuit à Zaventem et génère environ 7000 emplois. L’argumentaire de Brussels Airport met en lumière la nécessité cruciale du transport de certaines marchandises sensibles et justifie ainsi la nécessité de maintenir une activité nocturne à l’aéroport. Cependant, cette position est en contraste avec les préoccupations de santé publique émises par les autorités sanitaires belges.
La question de l’interdiction des vols de nuit à l’aéroport de Bruxelles-Zaventem soulève un dilemme entre la protection de la santé des riverains et la continuité des activités essentielles pour l’économie belge. Le débat entre les acteurs impliqués s’annonce complex