Bactérie "mangeuse de chair" : Inquiétude au Japon, les autorités se mobilisent
Streptocoque : une flambée inquiétante au Japon
Les autorités japonaises sont confrontées à une montée en flèche des cas d’infections causées par un streptocoque du groupe A (SGA) en 2023, exacerbant les préoccupations sanitaires à l’échelle nationale et internationale. Les récents chiffres publiés par l’Institut national des maladies infectieuses au Japon ont révélé une augmentation significative des cas de syndrome de choc toxique streptococcique (SCTS), une maladie potentiellement mortelle associée à cette bactérie.
Le SCTS, une condition rare mais grave, peut entraîner une défaillance des organes chez les patients et est associé à un taux de mortalité pouvant atteindre 40%. Les symptômes incluent des maux de gorge, de la fièvre, des diarrhées, des vomissements et une léthargie. L’Institut a signalé 474 cas de SCTS entre le 1er janvier et le 13 mars 2024, représentant plus de la moitié des cas enregistrés en 2023. Bien que les personnes âgées soient considérées comme étant plus à risque, une tendance inquiétante de décès par SCTS chez les moins de 50 ans est également observée.
Cette situation a suscité des inquiétudes à l’échelle internationale, notamment après l’annulation par la Fifa d’un match de qualification pour la Coupe du monde 2026 entre le Japon et la Corée du Nord, en raison de préoccupations sanitaires liées à cette bactérie. L’agence sud-coréenne de contrôle et de prévention des maladies a émis une alerte pour les voyageurs se rendant au Japon, soulignant le risque potentiel de SCTS.
Les possibles causes de cette recrudescence
Des experts médicaux avancent plusieurs hypothèses pour expliquer la flambée d’infections à streptocoque. Certains suggèrent que la diminution de l’immunité collective après la pandémie de Covid-19 a pu contribuer à cette augmentation soudaine. Les mesures de santé publique mises en place pour contenir la propagation du coronavirus ont pu réduire l’exposition à d’autres agents pathogènes, laissant la population plus vulnérable à des infections comme le SCTS.
De plus, des recherches récentes ont suggéré que les personnes ayant récupéré d’une infection au Sars-CoV-2 pourraient présenter des modifications immunologiques susceptibles d’affecter leur sensibilité à d’autres agents pathogènes, y compris le streptocoque du groupe A. Ces facteurs combinés pourraient expliquer en partie la recrudescence des cas d’infections sévères observée au Japon et ailleurs dans le monde.
Il est primordial que les autorités sanitaires intensifient la surveillance et la sensibilisation concernant le streptocoque du groupe A, tout en encourageant le maintien de pratiques d’hygiène rigoureuses telles que le lavage régulier des mains et le port du masque dans les espaces publics. Les avancées dans la compréhension de cette bactérie et de ses mécanismes de transmission sont essentielles pour contenir sa propagation et protéger la santé publique.