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Changement climatique dans l agriculture Un quart des exploitants envisagent de changer d activite et 82 pour cent sont inquiets appel a des mesures d adaptation et d accompagnement

Un baromètre présenté au Salon révèle que 26% des salariés agricoles pensent changer d'activité et 82% sont inquiets du climat.

Une étude présentée lors du Salon de l’agriculture met en lumière l’impact concret du changement climatique sur le moral et les trajectoires professionnelles des salariés du monde agricole : selon le baromètre rendu public le 26 février, 26% des exploitants, saisonniers et salariés interrogés envisageraient d’arrêter ou de changer d’activité dans les cinq prochaines années, tandis que 82% se déclarent préoccupés par le changement climatique et l’attribuent en majorité à des causes humaines. ([tf1info.fr](https://www.tf1info.fr/environnement-ecologie/un-quart-des-travailleurs-du-monde-agricole-envisagent-de-changer-d-activite-d-ici-cinq-ans-2427112.html?utm_source=openai))

Les réponses racontent un quotidien remis en question par des phénomènes extrêmes — vagues de chaleur, sécheresses prolongées, épisodes pluvieux intenses, inondations et grêle — qui rendent le travail plus dangereux et moins prévisible. Les auteurs du baromètre, portés par l’agence RSE Croissance bleue, soulignent une « usure physique et mentale » qui s’installe chez de nombreux travailleurs du secteur. ([tf1info.fr](https://www.tf1info.fr/environnement-ecologie/un-quart-des-travailleurs-du-monde-agricole-envisagent-de-changer-d-activite-d-ici-cinq-ans-2427112.html?utm_source=openai))

Ce que dit le baromètre et comment l’interpréter

Le baromètre, réalisé auprès de 2 653 personnes travaillant dans l’agriculture, détaille plusieurs indicateurs d’état d’âme et d’inquiétude : 68% considèrent le climat comme la « principale difficulté » de leur activité, 74% se disent « impuissants face aux événements climatiques », 59% « tristes face à la dégradation de l’environnement » et 56% inquiets pour l’avenir de leur exploitation. Ces chiffres dessinent un panorama de détresse collective susceptible d’alimenter des choix professionnels radicalement différents. ([tf1info.fr](https://www.tf1info.fr/environnement-ecologie/un-quart-des-travailleurs-du-monde-agricole-envisagent-de-changer-d-activite-d-ici-cinq-ans-2427112.html?utm_source=openai))

Interpréter ces résultats demande toutefois de distinguer perception et causalité : un fort niveau d’inquiétude reflète une réalité vécue, mais ne mesure pas directement l’ampleur économique ou technique des dégâts subis par chaque exploitation. Le baromètre capte un ressenti et des intentions — précieux pour évaluer le climat social du secteur — mais il ne remplace pas des analyses sectorielles approfondies sur les pertes de rendement, la rentabilité ou l’adaptation des systèmes de production.

Contexte national et perspective globale

Sur la scène internationale, des évaluations récentes confirment l’ampleur économique des catastrophes liées au climat : un rapport de la FAO a estimé à environ 3,26 billions de dollars (3 260 milliards) les pertes agricoles entre 1991 et 2023, soit près de 100 milliards par an en moyenne, chiffres qui rappellent que les impacts observés en France s’inscrivent dans une tendance globale lourde. ([fao.org](https://www.fao.org/newsroom/detail/disasters-cost-global-agriculture–3.26-trillion-over-three-decades–fao-report-reveals/en?utm_source=openai))

Cette mise en perspective montre que le malaise rapporté par les répondants ne naît pas ex nihilo : il s’inscrit dans un contexte de pertes réelles et récurrentes. Mais attention aux comparaisons directes : les évaluations mondiales agrègent des phénomènes très disparates (régions, cultures, systèmes d’élevage) et ne rendent pas compte des spécificités locales, ni des dispositifs d’assurance ou d’aide publique propres à chaque pays.

Concernant l’origine des chiffres et leur fiabilité, il faut distinguer les sources : la FAO est une agence spécialisée des Nations unies dont les études reposent sur des méthodologies publiées et des bases de données internationales, et elle est généralement considérée comme une source de référence pour l’évaluation des pertes agricoles à l’échelle mondiale. ([fao.org](https://www.fao.org/newsroom/detail/disasters-cost-global-agriculture–3.26-trillion-over-three-decades–fao-report-reveals/en?utm_source=openai))

L’autre source clé du papier — le baromètre — est produit par Croissance bleue, une agence de conseil en RSE qui communique régulièrement sur des études et baromètres liés aux impacts du climat et à la santé au travail. L’agence est identifiable et enregistrée comme société de conseil ; sa directrice, Caroline Véran, est visible dans le paysage professionnel RSE et intervient publiquement sur ces sujets. Ces éléments établissent une crédibilité opérationnelle, mais plusieurs points appellent la prudence : la méthodologie détaillée (modes d’échantillonnage, marge d’erreur, procédure de recueil) n’est pas immédiatement lisible dans le communiqué de presse général, et l’origine du financement ou des commanditaires de l’enquête peut influencer la formulation ou la sélection des questions. ([croissancebleue.com](https://croissancebleue.com/?utm_source=openai))

Autrement dit, le baromètre offre une photographie utile du ressenti des travailleurs agricoles — utile pour alerter décideurs et organismes professionnels — mais il ne doit pas être interprété comme une mesure exhaustive et définitive de l’état économique du secteur sans accès aux données méthodologiques complètes.

En conclusion, les résultats publiés au Salon de l’agriculture confirment une réalité double : d’une part, un malaise social et professionnel marqué chez les acteurs agricoles français, qui se traduit par des intentions de reconversion ou d’arrêt d’activité ; d’autre part, une convergence avec des estimations internationales sur l’ampleur des pertes dues aux catastrophes climatiques. Pour être pleinement exploitables, ces chiffres méritent d’être complétés par des données transparentes sur la méthodologie du baromètre et par des études techniques locales sur les pertes et les leviers d’adaptation.

Les décideurs publics, les organisations professionnelles et les acteurs de la transition devront tenir compte de ce double diagnostic : soulager l’urgence sociale et accélérer les mesures structurelles (assurances adaptées, investissements en irrigation et protection des cultures, accompagnement psychologique et formation) pour réduire la pression qui pousse aujourd’hui près d’un quart des travailleurs agricoles à envisager de partir.

La rédaction de Commons

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