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Contestation contre les "gigabassines" : Associations mobilisées dans le Puy-de-Dôme

Contestation grandissante contre les « gigabassines » dans le Puy-de-Dôme

La contestation se fait de plus en plus pressante dans le département du Puy-de-Dôme concernant un projet de construction de « gigabassines ». Un collectif militant organise une « randonnée festive » le samedi 11 mai pour protester contre ces réserves d’eau qualifiées de « plus grandes en France ». Les opposants s’opposent à la mise en place de deux réservoirs d’eau, l’un de 14 hectares et l’autre de 18 hectares, destinés à l’irrigation de 800 hectares répartis sur 36 exploitations agricoles de la plaine de la Limagne, où est établi Limagrain, le quatrième semencier mondial.

Cette mobilisation représente un volume d’eau équivalent à 500 bassins olympiques, d’où l’appellation de « gigabassines » attribuée par Isabelle, membre d’Extinction Rebellion et porte-parole de l’organisateur de la marche. Bien que ces projets n’aient pas encore fait l’objet d’une demande officielle d’autorisation, les opposants réclament un moratoire pour empêcher le début des travaux.

Cette initiative intervient après plus d’un an de manifestations contre les mégabassines de Sainte-Soline (Deux-Sèvres) ayant entraîné des affrontements violents avec les autorités. Cette journée se veut « familiale », mais la préfecture du Puy-de-Dôme a mis en place des mesures de sécurité renforcée, incluant un déploiement supplémentaire de gendarmes selon France Bleu. Les organisateurs attendent « quelques milliers » de participants, tandis que la préfecture estime leur nombre entre 2 000 et 3 000.

Des préoccupations environnementales et économiques sous-jacentes

Les opposants affirment que Limagrain pousse ce projet dans le but de sécuriser sa production de maïs semence destiné à l’exportation, financé en grande partie par des fonds publics. Marine Tondelier, secrétaire nationale des Ecologistes, a dénoncé cette initiative en soulignant que la construction de mégabassines ne fait qu’ignorer le véritable problème de la rareté de l’eau. Des élues de La France Insoumise, dont Mathilde Panot, sont également attendues pour soutenir le mouvement.

Un porte-parole d’une coopérative regroupant 1 300 agriculteurs a nuancé en précisant que Limagrain ne portait pas le projet, mais le soutenait pour développer les moyens de production et valoriser les récoltes de ses adhérents. Selon lui, les réserves seraient remplies par des prélèvements dans l’Allier entre novembre et mars, respectant un débit autorisé de 45,7 m3/seconde, permettant un stockage de 2,3 millions de m3 d’eau en hiver, ce qui représente seulement 0,12% du volume de l’affluent de la Loire.

Les prélèvements d’eau pour l’irrigation ont augmenté de plus de 100% entre 2010 et 2020 en France, atteignant 3,42 milliards de m3 en 2020, selon un rapport de la chambre régionale de la Cour des comptes de Nouvelle-Aquitaine publié en juillet

La rédaction de Commons

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