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COP30 alerte IA amplifie la désinformation climatique hausse de 267 pour cent de contenus falsifiés deepfakes et faux documents menacent la crédibilité scientifique appel à renforcer détection et transparence des plateformes

Un rapport alerte sur une hausse de 267 % de contenus climatiques falsifiés avant la COP30 et réclame détection, transparence et soutien au journalisme.

Les outils d’intelligence artificielle générative amplifient désormais massivement des contenus climatosceptiques, avec des conséquences directes sur la réputation des scientifiques et la compréhension publique du changement climatique. C’est le constat central d’un rapport publié le 6 novembre par la coalition d’ONG Climate Action Against Disinformation (CAAD), en partenariat avec l’Observatory for Information Integrity (OII), à l’approche de la COP30 qui doit se tenir au Brésil du 10 au 21 novembre 2025. Ces organisations décrivent une montée spectaculaire de contenus fabriqués, remixés ou sortis de leur contexte pour semer le doute et alimenter l’hostilité envers la science climatique.\n\n

Une désinformation de plus en plus « réaliste »

\n\nParmi les exemples cités dans le rapport figure une vidéo largement diffusée sur TikTok montrant des inondations prétendument à Belém, la ville-hôte de la COP30. L’Observatory for Information Integrity (OII) note que le clip est entièrement synthétique : « le journaliste n’existe pas, les gens n’existent pas, l’inondation n’existe pas et la ville n’existe pas », écrivent ses analystes pour souligner que les images ont été générées ou fortement manipulées. Malgré les signalements, la vidéo restait accessible des mois plus tard, illustrant les limites des mécanismes de modération des plateformes.\n\nSelon CAAD et l’OII, la désinformation liée à la COP a connu une recrudescence de 267 % entre juillet et septembre, une statistique qui traduit non seulement une augmentation du volume, mais aussi une diversification des techniques : deepfakes vidéo, avatars synthétiques, documents falsifiés attribués à des modèles d’IA, et publications hors contexte. Ces contenus circulent surtout sur les réseaux sociaux, où leur « réalisme » visuel favorise leur viralité et leur autorité apparente.\n\n

Quand les modèles d’IA servent de relais à la défiance

\n\nLes systèmes de génération de texte et d’image — de ChatGPT à Grok en passant par d’autres modèles — sont pointés pour leur rôle double : produire directement des contenus mensongers et fournir des « sources » ostensiblement automatisées qui légitiment des positions climatosceptiques. Au printemps, l’agence AFP a enquêté sur un document attribué à Grok 3 (l’IA liée à X/Elon Musk) qui rejetait, à tort, la crédibilité des modèles climatiques du GIEC. L’affaire illustre une nouveauté : l’existence de contenus techniques ou pseudo-savants produits par ou présentés comme produits par des IA, et repris ensuite par des comptes humains pour diffuser une critique de la science climatique.\n\nLa diffusion de pareils éléments pose deux risques majeurs : d’une part, l’effacement du travail de vérification éditoriale — un article ou une vidéo peut être fabriqué sans journaliste ni témoin — ; d’autre part, la légitimation perçue de ces faux par l’attribution à des « IA », qui confère parfois une aura d’objectivité à des fictions. Les chercheurs signalent en outre des campagnes coordonnées où des images de catastrophes hors-sujet sont réutilisées pour créer un récit trompeur autour de la COP.\n\nÉvaluer la fiabilité des sources citées par l’article permet d’éclairer les forces et les limites de ces alertes.\n\n

Relevé · Fiabilité des sources citées

Chaque article de Commons se termine par cet examen. Il porte sur les sources citées dans le texte et vous permet de juger sur pièce.

  1. \n\n- Climate Action Against Disinformation (CAAD) : coalition d’ONG focalisée sur la lutte contre la désinformation climatique. Forces : spécialisation thématique et capacité de surveillance des réseaux sociaux. Limites : dépendance possible à des méthodologies internes — il faut vérifier la disponibilité des données brutes et la transparence des critères d’échantillonnage pour juger de la robustesse des chiffres (par exemple, l’origine du calcul des +267 %).\n\n- Observatory for Information Integrity (OII) : organisation dédiée à l’analyse des contenus manipulés. Forces : expertise technique dans la détection d’artefacts synthétiques. Limites : comme pour toute ONG analytique, il est utile de connaître ses méthodes de détection, la reproduction indépendante des résultats et l’accès aux éléments purs (vidéos originales, métadonnées) pour validation tierce.\n\n- AFP (Agence France-Presse) : agence de presse reconnue internationalement pour ses standards journalistiques. Forces : pratiques d’enquête éprouvées, vérification des sources et mise en contexte. Limites : une enquête ponctuelle ne remplace pas une revue scientifique, mais elle est bien adaptée à l’analyse des documents publics et de la circulation des contenus en ligne.\n\n- Plateformes (TikTok, X, etc.) et modèles d’IA (Grok, ChatGPT…) : ces entités ne sont pas des sources d’information neutres. Les plateformes hébergent du contenu utilisateur et leurs politiques de modération varient ; les modèles d’IA peuvent générer des assertions plausibles mais erronées. Leur « citation » comme auteur d’un document impose une vérification indépendante du matériel présenté.\n\nEn l’état, les alertes de CAAD et de l’OII sont fondées sur des observations répétées et des exemples vérifiables (comme la vidéo de Belém), mais la force probante des conclusions chiffrées dépendra de la transparence méthodologique et de la possibilité pour des tiers (médias, chercheurs) de reproduire les analyses. L’AFP apporte, quant à elle, une validation utile des cas concrets.\n\nFace à ce paysage, les solutions sont connues : renforcement des outils de détection et d’étiquetage des médias synthétiques, amélioration de la transparence des plateformes, soutien aux enquêtes journalistiques et protection des chercheurs ciblés par la désinformation. Pour le public, la vigilance reste clé : vérifier l’origine d’une vidéo, rechercher la présence de métadonnées ou de confirmations indépendantes, et garder à l’esprit qu’une image haute fidélité n’est plus, à elle seule, la preuve d’un événement réel.

L’évaluation porte sur les sources citées dans le texte, pas sur la véracité des faits rapportés. Là où les autres médias placent une bio d’auteur, Commons place sa méthode.

La rédaction de Commons

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