Échec des négociations sur le financement à la COP16 Biodiversité
La COP16 de Cali : Entre avancées et points en suspens
Les négociations de la COP16 biodiversité qui se sont déroulées à Cali (Colombie) ont pris fin sur une note d’inachevé, avec la suspension des discussions faute d’atteindre le nombre requis de participants. Pendant deux semaines, 196 pays ont tenté de trouver un terrain d’entente pour respecter les objectifs fixés dans l’accord de Kunming-Montréal en vue de 2030. Si certains aspects sont restés en suspens, des progrès ont néanmoins été réalisés.
Après une prolongation des délibérations, la COP16 a pu obtenir des promesses de contributions à hauteur de 400 millions de dollars pour le Fonds-cadre mondial pour la biodiversité (GBFF). Cet engagement financier, provenant de huit gouvernements dont la France, l’Allemagne et la Norvège, constitue un premier pas vers l’objectif d’atteindre 200 milliards de dollars d’aide annuelle d’ici 2030 pour la protection de la biodiversité.
Des avancées significatives malgré des désaccords persistants
Malgré ces avancées, la question autour de la création d’un nouveau fonds autonome pour la biodiversité, demandée par les pays en développement, oppose toujours les pays développés. Cette divergence a empêché la COP16 de prendre une décision définitive à ce sujet. Les débats entre le Brésil, favorable à la proposition colombienne, et l’Union européenne, le Japon et le Canada, opposés à cette idée, n’ont pas pu être tranchés.
Une autre réussite de la COP16 a été la mise en place du « Fonds Cali », qui sera alimenté par les entreprises bénéficiant de données génétiques numérisées de plantes ou d’animaux des pays en développement. Cette initiative vise à répartir équitablement les bénéfices générés par l’utilisation de ces ressources, notamment par les industries cosmétiques et pharmaceutiques, afin de financer la protection de la nature dans ces pays.
En parallèle, la COP16 a souligné l’importance de reconnaître le rôle crucial des peuples autochtones en tant que gardiens de la nature. La création d’un groupe permanent visant à assurer leur représentation au sein de la Convention des Nations unies sur la diversité biologique marque une avancée significative dans la reconnaissance de leurs connaissances et pratiques traditionnelles.
Malgré ces progrès, les objectifs fixés lors de l’accord de Kunming-Montréal nécessitent des efforts supplémentaires pour être pleinement atteints. Les discussions autour de règles et indicateurs de suivi ambitieux n’ont pas abouti, laissant aux pays membres la responsabilité de faire le bilan de leurs actions lors de la COP17 en 2026 en Arménie.
Les défis restent nombreux, notamment en matière de conservation des terres et des océans, la protection de la biodiversité et la lutte contre les destructions environnementales. Les appels à des marchés de « crédits biodiversité » soulignent la nécessité de mettre en place des mécanismes financiers éthiques et efficaces pour préserver la nature, tout en évitant toute forme de compensation écologique inappropriée.
En conclusion, la COP16 de Cali a mis en lumière à la fois les pro