États-Unis : l’administration Trump abroge les limites d’émissions des centrales électriques et menace les futures règles climatiques
Centrales électriques : Trump abroge les normes de Biden et propose de limiter les futures règles américaines sur les émissions.
Le gouvernement de Donald Trump a franchi, lundi 14 septembre 2026, une nouvelle étape dans le démantèlement de la politique climatique américaine. L’Agence de protection de l’environnement (EPA) a finalisé l’abrogation de la majeure partie des normes adoptées en 2024 sous la présidence de Joe Biden pour limiter les émissions de gaz à effet de serre des centrales électriques fonctionnant au charbon et au gaz.
La décision a été annoncée à Houston, au Texas, lors d’une réunion des ministres de l’Énergie du G20. Elle ne signifie toutefois pas que toute réglementation disparaît immédiatement : parallèlement à l’abrogation des dispositions de 2024, l’EPA a proposé de supprimer les normes fédérales restantes visant les émissions de gaz à effet de serre du secteur électrique. Cette seconde mesure devra encore suivre la procédure réglementaire prévue avant une éventuelle adoption.
Un recul des règles adoptées sous Joe Biden
Les normes de 2024 imposaient notamment aux centrales concernées de réduire fortement leurs rejets de dioxyde de carbone. Pour les installations au charbon appelées à rester en activité au-delà de 2039, comme pour certaines nouvelles centrales au gaz, le dispositif reposait sur des technologies telles que la capture et le stockage du carbone, ou sur une adaptation du fonctionnement des unités de production.
En supprimant la majorité de ces dispositions, l’administration Trump revient à un cadre jugé moins contraignant. Selon l’EPA, cette révision doit réduire les coûts réglementaires supportés par les producteurs d’électricité et préserver la fiabilité du réseau. L’agence estime également que les règles de 2024 auraient imposé des dépenses importantes au secteur énergétique, sans bénéfice suffisamment significatif pour les consommateurs.
La proposition publiée en parallèle va plus loin. Elle remet en cause la capacité de l’EPA à imposer de nouvelles limites aux émissions de gaz à effet de serre des centrales au titre de l’article 111 de la loi fédérale sur l’air propre, le Clean Air Act. Si elle était adoptée, cette orientation compliquerait fortement l’instauration de futures normes climatiques applicables aux centrales électriques.
L’argument du coût et de la sécurité énergétique
L’administration Trump justifie cette inflexion par la nécessité de soutenir la production nationale d’énergie et de contenir les coûts de l’électricité. Lee Zeldin, administrateur de l’EPA, a accusé les administrations de Barack Obama et de Joe Biden d’avoir mené une politique hostile au charbon, présenté comme une source d’électricité fiable et abordable.
« L’administration Trump entend protéger le secteur énergétique américain et faire en sorte que les ménages puissent continuer à s’éclairer à un coût abordable », a déclaré Lee Zeldin dans un communiqué. Ces affirmations correspondent à la position officielle de l’EPA, mais elles ne constituent pas, à elles seules, une démonstration indépendante d’une baisse future des factures d’électricité. Le lien entre l’assouplissement des normes, les prix de l’énergie et la fiabilité du réseau fait l’objet d’un débat entre industriels, experts et associations environnementales.
Le secteur électrique occupe une place importante dans le bilan climatique des États-Unis. Il représente près d’un quart des émissions nationales de gaz à effet de serre, selon les éléments repris dans le texte d’origine et les estimations citées dans les débats autour des règles de l’EPA. La suppression des normes de 2024 pourrait donc avoir des conséquences directes sur la trajectoire de réduction des émissions américaines, même si l’évolution réelle dépendra aussi du prix du gaz, du développement des renouvelables, de la demande d’électricité et des décisions prises par les États.
Une décision contestée et susceptible d’être attaquée
La mesure intervient dans le cadre d’une campagne plus large de déréglementation engagée par la seconde administration Trump. L’EPA a déjà proposé ou finalisé plusieurs reculs concernant les émissions des véhicules, les polluants atmosphériques et les obligations imposées aux centrales au charbon.
Les défenseurs de la réglementation estiment que l’abandon des normes risque d’accroître les émissions responsables du réchauffement climatique, tout en réduisant les bénéfices sanitaires associés à la baisse de certains polluants atmosphériques. Des associations environnementales et des États pourraient contester la décision devant les tribunaux, notamment sur son interprétation du Clean Air Act.
La fiabilité des sources citées doit être appréciée avec nuance. Les documents de l’EPA constituent des sources primaires solides pour établir le contenu juridique de la décision et les arguments avancés par l’administration, mais ils présentent naturellement le dossier du point de vue gouvernemental. Les dépêches de l’Associated Press offrent un éclairage journalistique indépendant et confirment le calendrier ainsi que la portée générale de l’abrogation. Les chiffres relatifs aux émissions et les conséquences économiques doivent, eux, être examinés à partir de données publiques et d’analyses contradictoires avant toute conclusion définitive.