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Greenpeace condamnée à 30 000 euros et douze militants sanctionnés après l intrusion à la centrale de Gravelines un jugement qui oppose sécurité nucléaire et liberté d expression

Le tribunal de Dunkerque frappe Greenpeace de 30 000 € et sanctionne douze militants après l'intrusion à la centrale de Gravelines.

Le tribunal judiciaire de Dunkerque a rendu, mardi 2 septembre, une décision qui marque une nouvelle étape dans la confrontation entre autorités judiciaires et militants écologistes. L’ONG Greenpeace a été condamnée à une amende de 30 000 euros, à la suite d’une intrusion réalisée le 28 octobre 2024 par douze de ses militants dans le périmètre de la centrale nucléaire de Gravelines (Nord). Les douze militants ont eux-mêmes été sanctionnés : cinq d’entre eux ont écopé d’une amende de 800 euros qui sera inscrite à leur casier judiciaire, les sept autres ont reçu des amendes de 800 euros dont 400 avec sursis, selon les éléments rendus publics et transmis par l’avocate de la défense, Maître Marie Dosé. Le parquet, qui avait requis des peines plus dures en juin dernier, demandait alors des peines de trois à six mois de prison avec sursis pour certains des prévenus. Une condamnation financière significative, mais sans peine de prison ferme, a donc été prononcée par le tribunal. 

Les faits et les enjeux invoqués par Greenpeace

Ce rassemblement d’octobre 2024 a pris la forme d’une action non violente et spectaculaire : deux zodiacs ont navigué sur le canal de rejet de la centrale, emportant des banderoles, des cerfs‑volants en forme de méduse et des fumigènes bleus. Selon Greenpeace, l’action visait à alerter sur le risque de submersion marine auquel la centrale serait exposée et sur les conséquences potentielles de l’implantation de deux réacteurs EPR futurs à proximité. Dans un communiqué cité après le jugement, Apolline Cagnat, responsable juridique de Greenpeace France, a regretté que le tribunal « n’ait pas consacré la liberté d’expression » ni reconnu la « légitimité » de cette action symbolique visant à dénoncer « les dangers du nucléaire et les risques climatiques, pour le bien commun ». 

Du côté de la défense, l’avocate Maître Marie Dosé a qualifié la décision de « timorée », estimant que déclarer les militants coupables porte atteinte au droit à la liberté d’expression des militants écologistes. Le dossier oppose donc deux impératifs : la sécurité et l’intégrité d’un site nucléaire sensible — où toute intrusion est pénalement réprimée — et le droit d’expression et la stratégie de sensibilisation non violente que revendiquent les ONG. 

Relevé · Fiabilité des sources citées

Chaque article de Commons se termine par cet examen. Il porte sur les sources citées dans le texte et vous permet de juger sur pièce.

  1. Les informations disponibles proviennent principalement des communiqués et déclarations des parties impliquées, ainsi que d’une synthèse des décisions du tribunal rendue dans la presse locale. La fiabilité de ces sources peut être évaluée ainsi :

  2. – Le tribunal judiciaire de Dunkerque : source judiciaire primaire et généralement fiable pour les faits constatés et les décisions de justice. Un accès direct au jugement ou à l’ordonnance permettrait de confirmer les montants exacts, la motivation juridique et les éventuelles mentions d’inscription au casier judiciaire.

  3. – Greenpeace et ses responsables (Apolline Cagnat) : source primaire pour le récit des motivations et l’interprétation politique de l’action. Fiable pour connaître la version et les arguments de l’ONG, mais à considérer comme partie prenante avec un objectif militant et une interprétation normative des faits.

  4. – Maître Marie Dosé (avocate des militants) : interlocutrice directe et fiable pour rapporter la stratégie de défense et les conséquences procédurales, mais également porteuse d’une position défensive et argumentée.

  5. Ce qui manque dans le reportage initial et affaiblit son exhaustivité : l’absence de toute déclaration du parquet ou du ministère public explicant les griefs retenus et la motivation des réquisitions antérieures ; l’absence d’une réaction d’EDF (exploitant de la centrale) ou de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) sur l’impact de l’intrusion et sur la question du risque de submersion ; l’absence également de la transcription ou de l’accès au jugement écrit qui permettrait d’éclairer la qualification pénale retenue. Obtenir ces documents et déclarations renforcerait significativement la robustesse de l’information. 

  6. La décision de Dunkerque illustre un arbitrage classique entre sécurité des infrastructures sensibles et espaces de contestation : la peine financière montre la volonté du juge de réprimer l’intrusion sans prononcer l’incarcération, mais laisse intactes les questions de fond soulevées par les militants. Pour documenter la portée réelle de cette affaire, il conviendrait désormais de consulter le texte complet du jugement, la communication du parquet, et des évaluations indépendantes — techniques et juridiques — sur les risques évoqués par Greenpeace.

L’évaluation porte sur les sources citées dans le texte, pas sur la véracité des faits rapportés. Là où les autres médias placent une bio d’auteur, Commons place sa méthode.

La rédaction de Commons

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