Incendies d'ampleur dans les forêts boréales : situation critique en Alaska, Canada et Russie
Incendies intenses ravagent l’Arctique et les forêts boréales
Après la Turquie, la Californie, la Grèce et d’autres régions du monde, l’Alaska, le Canada et la Russie sont aujourd’hui confrontés à des incendies d’une intensité exceptionnelle. Les écosystèmes arctiques et les forêts boréales, qui s’étendent sur une large partie de l’hémisphère nord, continuent de brûler, déclenchant une crise environnementale alarmante.
La première quinzaine de juillet a témoigné d’une augmentation remarquable des émissions de carbone provenant des incendies de végétation dans l’Extrême-Orient de la Russie et les régions boréales d’Amérique du Nord, selon le bulletin publié par le service de surveillance de l’atmosphère de l’institut européen Copernicus. En Russie, le nombre d’incendies ne cesse d’augmenter, notamment en Sibérie, où 276 incendies étaient en cours dans les régions de l’oblast de l’Amour, de la République de Sakha et en Transbaïkalie, ravageant déjà 620 000 hectares de forêt.
Les incendies en Russie se déclenchent principalement dans des zones riches en tourbe, une matière organique fossile hautement inflammable. Les épaisseurs de fumée mesurées dans l’Extrême-Orient russe dépassent largement les seuils recommandés par l’Organisation mondiale de la santé, révélant une situation critique pour la santé publique.
Propagation des incendies en Alaska et au Canada
De l’autre côté du détroit de Béring, en Alaska, environ 250 000 hectares ont déjà été ravagés par les flammes en 2024. Un incendie majeur a entraîné la fermeture du parc national du Denali. Au Canada, après une année 2023 record en termes de superficie brûlée, les incendies se sont intensifiés depuis le début de juillet, en particulier dans les provinces de l’ouest. En Alberta, la situation est jugée très critique par rapport à la moyenne observée entre 2003 et 2023. Au total, le pays a perdu 1,5 million d’hectares de forêts depuis le début de l’année.
Les incendies, principalement déclenchés par la foudre, font partie du processus naturel des forêts boréales, contribuant à libérer des nutriments essentiels emprisonnés dans le sol et à régénérer la végétation. Cependant, la sécheresse croissante, attribuée au changement climatique d’origine humaine, alimente ces feux dévastateurs. Le mois de juin 2024 a été le plus chaud jamais enregistré, dépassant le record de chaleur établi en 2023, signalant une tendance alarmante.
Des scientifiques de l’université australienne de Tasmanie ont révélé dans une étude publiée dans Nature Ecology and Evolution que le nombre et l’intensité des incendies de forêt dans le monde avaient doublé entre 2003 et 2023. Les forêts tempérées de conifères dans l’ouest des États-Un