Incendies en Indonésie : près de deux millions d’hectares brûlés en neuf mois, selon Nusantara Atlas
Incendies en Indonésie : découvrez l’estimation de Nusantara Atlas et les limites des données satellitaires sur les surfaces brûlées.
Près de deux millions d’hectares ont été parcourus par les incendies en Indonésie entre janvier et fin septembre 2026, selon une estimation de Nusantara Atlas rendue publique lundi 19 octobre. Cet organisme de surveillance de la déforestation par satellite évalue à 1 916 588 hectares les surfaces brûlées. Son fondateur, David Gaveau, estime toutefois que ce bilan reste inférieur à l’étendue réelle des dégâts. Il s’agit d’une estimation des superficies incendiées, et non d’un nouveau décompte officiel des autorités indonésiennes.
Un bilan important, mais encore incomplet
La superficie recensée représente près de douze fois la taille de Londres, selon la comparaison rapportée avec ces données. Ce repère donne une idée de l’ampleur des incendies, sans renseigner sur la nature précise de tous les terrains touchés. Il convient donc de parler de surfaces brûlées plutôt que de présenter l’ensemble du total comme des forêts détruites : les informations disponibles ne détaillent pas ici la répartition des espaces concernés.
Selon Nusantara Atlas, la surface brûlée à la fin de septembre dépasse de 38 % celle observée à la même période en 2019. Cette comparaison porte sur deux périodes équivalentes de l’année. Elle ne constitue ni un bilan annuel définitif pour 2026 ni une comparaison entre les seuls chiffres publiés par le gouvernement. L’attribution à l’organisme est essentielle pour comprendre la portée de ce résultat.
Pourquoi les satellites ne montrent pas tous les dégâts
David Gaveau avance plusieurs raisons pour expliquer le caractère prudent de l’estimation. D’abord, son organisation exclut les traces d’incendie dont la superficie individuelle est inférieure à 6,25 hectares. Des zones effectivement brûlées peuvent ainsi rester hors du calcul lorsqu’elles se situent sous ce seuil. Le total annoncé ne prétend donc pas recenser chaque parcelle touchée.
Ensuite, Nusantara Atlas privilégie une méthode visant à éviter les fausses détections. L’objectif est de ne pas classer à tort une zone parmi les surfaces incendiées. Enfin, les épaisses fumées ont parfois masqué les images satellitaires, compliquant la vérification. Ces limites conduisent David Gaveau à considérer que l’étendue réelle des incendies est probablement supérieure au chiffre publié, sans avancer de total corrigé.
Ces réserves ne rendent pas l’estimation inutilisable. Elles en définissent les limites : elle mesure les surfaces identifiées selon les critères retenus, mais ne garantit pas un inventaire exhaustif. La précision du chiffre — à l’hectare près — ne doit donc pas être confondue avec une certitude absolue sur l’ensemble des dommages. C’est précisément l’intérêt des précautions méthodologiques exposées par son auteur.
Des chiffres officiels qui ne couvrent pas la même période
Les reprises de l’AFP consultées indiquent que le gouvernement indonésien n’avait pas fourni de nouveau bilan après avoir fait état de 202 000 hectares brûlés à la fin de juillet. Ce chiffre et celui de Nusantara Atlas ne couvrent donc pas la même période. Leur rapprochement ne permet pas, à lui seul, de calculer une progression précise des incendies : il faudrait également vérifier que les méthodes et les périmètres de comptage sont comparables.
Des sources identifiées, mais pas une confirmation indépendante
Nusantara Atlas constitue la source directe de l’estimation satellitaire. Sa plateforme propose bien un suivi des foyers d’incendie et des superficies brûlées. Cette spécialisation, ainsi que l’explication des limites du calcul, rendent son estimation exploitable journalistiquement. Elles ne remplacent toutefois pas une vérification indépendante du total annoncé pour septembre.
L’AFP, dont les informations sont reprises notamment par The Jakarta Post et Malay Mail, fournit une attribution claire des chiffres et des déclarations. Ces publications permettent de corroborer ce qui a été rapporté, mais elles reprennent la même source d’agence : elles ne constituent pas plusieurs mesures indépendantes des surfaces brûlées. La conclusion doit donc rester attribuée et prudente : Nusantara Atlas estime à près de deux millions d’hectares l’étendue des incendies jusqu’à fin septembre, avec un risque de sous-estimation reconnu.