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La Métropole de Lyon assigne Arkema et Daikin en justice pour des "polluants éternels"

La Métropole de Lyon saisit la justice pour une affaire de pollution aux PFAS

La Métropole de Lyon a entamé une démarche judiciaire le mardi 19 mars pour faire appliquer le « principe pollueur-payeur » aux industriels Arkema et Daikin, impliqués dans le problème de pollution aux PFAS. Ces substances chimiques, qualifiées de « polluants éternels », suscitent des inquiétudes quant à leurs effets sur la santé. Les activités industrielles des deux entreprises citées sont situées à Pierre-Bénite, dans ce que l’on appelle communément « la vallée de la chimie », en aval de la métropole lyonnaise.

La Métropole de Lyon a décidé de poursuivre en référé Arkema et Daikin devant le tribunal judiciaire de Lyon. Une audience est programmée pour le 9 avril prochain. La collectivité locale souhaite obtenir une expertise judiciaire afin d’évaluer la responsabilité des deux industriels dans la contamination aux PFAS. Si les experts mandatés par la justice confirment l’implication d’Arkema et Daikin dans les taux élevés de ces substances dans l’eau, la Métropole envisage de demander réparation.

En janvier, l’Agence régionale de santé a révélé que plus de 166 000 habitants de la région Auvergne-Rhône-Alpes étaient exposés à des taux de PFAS supérieurs aux normes européennes. Des mesures correctives ont été imposées à une cinquantaine de communes, dont quatre se trouvent dans la métropole lyonnaise. Bruno Bernard, président de la Métropole, estime que des investissements de l’ordre de 5 à 10 millions d’euros seront nécessaires pour mettre en place des filtres ou des connexions permettant de réduire la présence de PFAS dans l’eau potable.

Les PFAS, une famille de plus de 4 700 composés chimiques résistants, sont connus pour leur persistance dans l’environnement et leur accumulation dans les organismes vivants. Leur impact sur la santé, notamment en ce qui concerne la fertilité et le risque de cancer, commence à être documenté par les études scientifiques.

Aux États-Unis, la mobilisation des réseaux d’eau potable a contraint plusieurs entreprises, dont Chemours et 3M, à payer des milliards de dollars en compensation des dégâts causés par les PFAS. En réponse à la situation en Auvergne-Rhône-Alpes et aux enquêtes journalistiques diffusées, les autorités régionales ont pris des mesures de contrôle et ont exigé qu’Arkema cesse l’utilisation de PFAS d’ici fin 2024. L’entreprise a d’ores et déjà mis en place des équipements de filtration pour diminuer ses rejets.

Au niveau national, la France a lancé des actions visant à mieux encadrer l’utilisation des PFAS, en conformité avec les directives européennes, suite aux préoccupations croissantes liées à ces substances chimiques. Ces actions incluent des mesures de contrôle renforcées et des restrictions sur l’utilisation des PFAS dans l’industrie.

La rédaction de Commons

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