Les agriculteurs bio dénoncent les contaminations par un pesticide puissant
Un herbicide controversé : le prosulfocarbe
Ces derniers temps, l’utilisation du prosulfocarbe, un herbicide largement répandu dans le traitement des cultures de céréales, est au cœur de vives préoccupations. La Fédération nationale d’agriculture biologique (Fnab) a récemment lancé un appel à la transparence concernant les contaminations des cultures biologiques par ce produit. Le mouvement a même prévu une mobilisation sur le terrain pour faire valoir ses revendications.
La Fnab met en avant le fait que le prosulfocarbe contamine fréquemment des cultures non visées, telles que le sarrasin, récolté souvent à l’automne en même temps que les traitements des agriculteurs non biologiques. Cette contamination compromet la valeur biologique des produits, entraînant des conséquences économiques néfastes pour les producteurs.
Des revendications d’interdiction et de réévaluation
Au niveau européen, l’autorisation du prosulfocarbe a été prolongée jusqu’à fin janvier 2027 pour permettre une réévaluation du produit. En France, cet herbicide est autorisé depuis 1990 et figure parmi les substances actives les plus utilisées. Malgré les mesures imposées par l’Anses en 2023, telles que la mise en place de zones tampons et la réduction des dosages, la Fnab estime que ces mesures ne sont pas suffisantes en raison de la forte volatilité du prosulfocarbe.
La demande d’interdiction pure et simple de cette substance émanant de la Fnab repose sur l’argument selon lequel les distances de sécurité imposées ne peuvent garantir l’absence de contamination. Les producteurs sont contraints de réaliser, à leur charge, des analyses toxicologiques pour prouver la pureté de leurs récoltes, engendrant ainsi des coûts supplémentaires et des pertes financières importantes.
Selon les données fournies par la Fnab, plus de 400 récoltes biologiques de sarrasin ont été contaminées par du prosulfocarbe depuis 2018, entraînant des pertes estimées à près de 550 000 euros pour les producteurs entre 2020 et 2022.
En conclusion, la controverse autour du prosulfocarbe met en lumière les enjeux relatifs à l’utilisation des pesticides et à la protection des cultures biologiques. La nécessité de concilier impératifs agricoles et enjeux environnementaux reste un défi majeur pour les autorités et les acteurs du secteur agricole.