Mayotte en crise de l'eau : une plainte déposée contre le syndicat des eaux et une filiale de Vinci pour négligence et mauvaise gestion
En pleine crise de l’eau à Mayotte, des habitants du département ont décidé de porter plainte contre le Syndicat intercommunal d’eau et d’assainissement de Mayotte (SIEAM) et son délégataire, la Société Mahoraise des Eaux (SMAE), une filiale de Vinci. Cette plainte a été déposée auprès du parquet de Mamoudzou le 28 décembre dernier, et les plaignants affirment notamment ne pas pouvoir se laver correctement et souffrir de maladies gastriques.
Mayotte, département le plus pauvre de France, est confrontée à sa plus importante sécheresse depuis 1997, qui s’est encore aggravée en raison d’un manque d’infrastructures et d’investissements. Pour faire face à cette situation, l’État a intensifié ces derniers mois les coupures d’eau, allant jusqu’à limiter l’accès à l’eau potable à un jour sur trois.
En septembre, le gouvernement avait promis « un véritable plan Marshall pour Mayotte », mais il semble que ces mesures se soient révélées insuffisantes face à la réalité sur le terrain. Les plaignants dénoncent notamment une eau boueuse, parfois contaminée par de la matière fécale, qui met en danger leur santé.
La plainte accuse le syndicat des eaux et la SMAE de ne pas avoir assuré la qualité de l’eau potable. Les plaignants affirment que les opérateurs ont laissé en libre accès des réservoirs d’eau, attirant ainsi des animaux qui s’y abreuvent. Cela augmente les risques de transmission de maladies, selon la plainte consultée par l’AFP.
En plus des problèmes de santé, une entreprise de l’île a également subi une baisse de son chiffre d’affaires en raison du manque d’approvisionnement en eau. En déposant cette plainte, les plaignants espèrent mettre fin à l’impunité des personnes responsables de cette situation, qui selon leur avocat, Emmanuel Daoud, n’ont pas fait leur travail depuis des années en connaissance de cause.
Cette affaire révèle une fois de plus la situation précaire à Mayotte, où les habitants ont le sentiment d’être traités comme une « seconde zone » par les pouvoirs publics. Le syndicat des eaux et la SMAE n’ont pas encore répondu aux demandes de commentaire de l’AFP.