Plus de 2 milliards sans eau potable gérée en toute sécurité selon OMS et UNICEF Progrès insuffisants financements conflits et changement climatique menacent l'objectif WASH 2030
Rapport OMS/UNICEF : plus d'une personne sur quatre sans eau potable gérée. Découvrez causes, risques et solutions proposées.
Plus de deux milliards de personnes — soit environ une personne sur quatre dans le monde — n’ont toujours pas accès à une eau potable gérée en toute sécurité, selon un rapport publié conjointement par des agences des Nations unies chargées de la santé et de l’enfance le 26 août. Ce constat illustre le retard persistant du monde sur l’objectif d’un accès universel à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène d’ici 2030 et souligne les risques sanitaires et sociaux qui en découlent pour des milliards d’individus.
Progrès mesurables, mais insuffisants
Le rapport souligne toutefois des avancées notables depuis 2015 : près de 961 millions de personnes ont obtenu l’accès à une eau potable gérée de manière sûre, faisant passer la couverture mondiale de 68 % à 74 %. Sur le front de l’hygiène, 1,6 milliard de personnes ont acquis au cours de la dernière décennie un accès à des services d’hygiène de base — défini comme la possibilité de se laver les mains avec de l’eau et du savon —, portant la couverture de 66 % à 80 %.
Ces chiffres traduisent des améliorations concrètes liées à des investissements dans les infrastructures, à des programmes d’éducation à l’hygiène et à des efforts de gouvernance dans certains pays. Mais, comme le rapport le rappelle, ces gains restent inégalement répartis : de vastes populations rurales et des communautés marginalisées dans les zones urbaines continuent d’être exclues des services sûrs et gérés.
Risques persistants et inégalités
Au-delà des personnes privées d’eau potable gérée en toute sécurité, plus de 100 millions de personnes dépendent encore d’eau de surface — rivières, étangs, canaux — une source particulièrement vulnérable à la contamination et aux risques sanitaires. L’absence d’accès à des services d’assainissement et d’hygiène adéquats augmente la vulnérabilité aux maladies hydriques — diarrhées, choléra ou autres infections — et a des répercussions sur la nutrition, la scolarisation et la participation économique, en particulier pour les femmes et les filles.
Le rapport avertit que l’objectif d’accès universel en 2030 devient « de plus en plus hors de portée », appelant à une accélération des actions. Rüdiger Krech, responsable de l’environnement et du changement climatique à l’OMS, rappelle que l’eau, l’assainissement et l’hygiène ne sont pas des privilèges mais des droits humains fondamentaux, et insiste sur la nécessité de concentrer les efforts sur les communautés les plus marginalisées.
Les obstacles sont multiples : financement insuffisant, fragilité des systèmes de services, conflits et déplacements de populations, changement climatique affectant les ressources en eau, et lacunes institutionnelles dans la gestion et la maintenance des infrastructures. Ces facteurs rendent la poursuite des progrès plus coûteuse et complexe, et exigent une coordination accrue entre gouvernements, bailleurs, acteurs locaux et société civile.
Que peut-on attendre des prochaines années ?
Pour rapprocher les objectifs de la réalité, le rapport plaide pour une approche combinant investissements ciblés, renforcement des capacités locales, mesures d’adaptation au changement climatique et politiques inclusives visant à réduire les inégalités. L’amélioration des données et du suivi des services — notamment en différenciant les niveaux de qualité et de gestion des réseaux — est également présentée comme cruciale pour orienter les interventions et mesurer les progrès.
Les priorités identifiées incluent la mise à l’échelle des solutions éprouvées dans les zones rurales, l’amélioration de la durabilité des systèmes en milieu urbain informel, et des mécanismes de financement innovants pour mobiliser davantage de ressources publiques et privées.
Relevé · Fiabilité des sources citées
Chaque article de Commons se termine par cet examen. Il porte sur les sources citées dans le texte et vous permet de juger sur pièce.
-
Le rapport est présenté comme émanant de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et de l’UNICEF, agences onusiennes reconnues pour leur mandat et leur expertise dans les domaines de la santé publique et de la protection de l’enfance. Ces organisations produisent régulièrement des évaluations mondiales sur l’eau, l’assainissement et l’hygiène, souvent via le programme conjoint de surveillance (Joint Monitoring Programme, JMP) qui agrège des données nationales et internationales.
-
Forces : Les données de l’OMS et de l’UNICEF reposent sur des sources administratives, des enquêtes ménagères et des censuses, et suivent des méthodes transparentes et standardisées permettant des comparaisons internationales et temporelles. Les rapports sont élaborés par des experts et soumis à des processus de revue et validation avec les pays concernés, ce qui renforce leur crédibilité.
-
Limites : Malgré leur qualité, ces estimations peuvent sous-estimer certaines réalités locales. Les définitions (par exemple « eau potable gérée en toute sécurité » ou « hygiène de base ») traduisent des critères techniques qui peuvent masquer des variations significatives au sein d’un même pays. Les données sont aussi tributaires de la fréquence et de la précision des enquêtes nationales ; dans les contextes de crise ou de fragilité, l’information peut être lacunaire ou plus datée.
-
Conclusion : Les conclusions de l’OMS et de l’UNICEF constituent une source fiable et essentielle pour mesurer les progrès mondiaux en matière de WASH. Elles doivent cependant être lues en complément d’analyses locales et sectorielles pour éclairer des décisions opérationnelles adaptées aux contextes spécifiques.
-
En résumé, le rapport met en lumière des progrès réels mais insuffisants : la planète progresse vers de meilleurs services d’eau et d’hygiène, mais pas à la cadence nécessaire pour garantir le droit universel à ces services d’ici 2030. Les efforts futurs devront combiner financements, innovation, adaptation climatique et ciblage des populations les plus vulnérables pour transformer ces progrès en résultats durables et équitables.
L’évaluation porte sur les sources citées dans le texte, pas sur la véracité des faits rapportés. Là où les autres médias placent une bio d’auteur, Commons place sa méthode.