À Colleville‑sur‑Mer, Pete Hegseth appelle les pays européens à prendre en charge leur défense et lie mémoire du Débarquement et enjeux contemporains de sécurité dans un discours controversé
Pete Hegseth exhorte les pays européens à renforcer leur défense européenne lors des commémorations du Débarquement à Colleville‑sur‑Mer, suscitant débat.
Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a prononcé samedi 6 juin un discours au cimetière militaire américain de Colleville‑sur‑Mer (Calvados) à l’occasion des commémorations du Débarquement de Normandie. Devant les 9 387 stèles blanches qui marquent les tombes de soldats américains morts lors de la bataille de Normandie, il a appelé les pays européens à prendre davantage de responsabilités pour assurer leur propre défense, tout en réaffirmant le rôle des États‑Unis comme guide et soutien.
Un appel à la responsabilité européenne
Sur le ton solennel de la mémoire, Hegseth a insisté sur le principe d’une alliance où chaque État apporte « la mesure de son industrie, de son courage et de son sacrifice ». Il a opposé ce modèle d’effort partagé à ce qu’il a qualifié avec ironie de « slogans creux », « sommets fastueux » ou « communiqués » — formules destinées, selon lui, à souligner que les engagements doivent se traduire en actes concrets et, si nécessaire, en sacrifices.
Le secrétaire à la Défense a précisé que « l’Amérique doit montrer la voie, et nous le ferons », mais que cet engagement ne dispensait pas les alliés de contribuer « épaule contre épaule ». Son intervention intervient, selon le texte fourni, quelques heures après qu’il a renoncé à participer à la cérémonie internationale du Débarquement pour se consacrer à la commémoration américaine, soulignant la priorité donnée aux hommages rendus aux soldats américains.
La paix, la force et une analogie controversée
Hegseth a également affirmé dans son allocution que « la paix n’est garantie que par la force ». Il a choisi de ne pas évoquer explicitement, dans le discours retranscrit, les conflits contemporains tels que ceux en Iran ou en Ukraine, se concentrant sur un message général sur la dissuasion et la capacité militaire comme garantes de la stabilité.
Plusieurs passages de son discours ont pris une tonalité plus polémique : Hegseth a déclaré que « différentes plages européennes sont prises d’assaut par diverses idéologies dangereuses » et a cité — en mentionnant l’Espagne, l’Italie, la Grèce et la Bulgarie — des débarquements de « bateaux et des hommes ». Ces formulations laissent entendre une analogie entre le Débarquement de 1944 et des mouvements migratoires contemporains, que le responsable a présentés comme une menace pour la « civilisation occidentale ». Il a conclu son intervention par une citation biblique, d’après le texte fourni.
Dans la version du discours dont nous disposons, Hegseth s’interroge enfin : « Les capitales européennes agiront‑elles contre cette invasion ou est‑il déjà trop tard ? » Ces propos mettent en avant une perception sécuritaire de l’immigration, exprimée à partir d’un lieu hautement symbolique — le cimetière de Colleville‑sur‑Mer — et lors d’une commémoration dont la vocation première est le souvenir des sacrifices de la Seconde Guerre mondiale.
Le choix de ce lieu et de cette date pour un message politique et stratégique renforce la charge symbolique de l’intervention : le discours lie mémoire historique et enjeux contemporains de sécurité et de souveraineté collective.
Rappel historique et déroulé des commémorations
Le texte rappelle que le Débarquement du 6 juin 1944 est l’opération amphibie la plus massive de l’histoire moderne : une armada et des forces alliées ont pris d’assaut 80 km de côtes normandes, avec la mobilisation de militaires de plusieurs nationalités. Les commémorations françaises ont, selon le contenu fourni, débuté à 13 heures à Ouistreham avec une cérémonie aux fusiliers marins, tandis que la cérémonie internationale — en présence notamment du Premier ministre Sébastien Lecornu et du ministre de la Défense du Royaume‑Uni John Healey — était prévue vers 15 heures.
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